France: inquiétudes sur le variant britannique, restrictions générales maintenues

Par AFP

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L'inquiétude autour du variant britannique du coronavirus monte en France, où deux "clusters à risque" de cette souche plus transmissible ont été identifiés, et Paris n'envisage aucun assouplissement des mesures sanitaires avant plusieurs semaines.

"Nous avons décidé le 20 décembre dernier de fermer les frontières avec le Royaume-Uni et cette mesure sera prolongée jusqu'à nouvel ordre", a affirmé le Premier ministre français Jean Castex lors d'une conférence de presse, précisant que "seules certaines catégories de personnes" (résidents britanniques en France, routiers, notamment) pourront la franchir, à condition de produire un test PCR négatif avant d'entrer en France.Au total, 19 cas de contamination par ce variant sont pour l'instant avérés dans toute la France, ainsi que trois autres par un variant différent initialement repéré en Afrique du Sud, selon le gouvernement français, qui prend "la menace très au sérieux".Le premier "cluster à risque" de contamination au variant britannique a été détecté dans un établissement pour personnes âgées près de Rennes (ouest), et un autre foyer de contamination potentiel a été repéré à Bagneux, au sud de Paris, à partir d'"une personne travaillant dans deux établissements scolaires"."Nous nous attendons à en identifier davantage", a prévenu le ministre Olivier Véran lors de la même conférence de presse, disant vouloir "à tout prix éviter une diffusion" de ce variant. "Nous prendrons toutes les mesures qui s'imposeront si ces variants devaient s'avérer diffusés sur le territoire national", a-t-il ajouté, en évoquant une "surveillance accrue" dans les écoles, même si le gouvernement n'envisage la fermeture des établissements scolaires qu'en dernier recours.Appelés VOC 202012/01 pour le britannique et 501.V2 pour le sud-africain, ces variants inquiètent la communauté internationale.S'ils ne semblent pas intrinsèquement plus dangereux que le virus classique, ils sont, selon les premières données, beaucoup plus transmissibles, ce qui augmente le risque de saturation des hôpitaux par des malades du Covid-19.- "Situation fragile" -"La situation sanitaire est devenue plus fragile au cours des dernières semaines" en France, a reconnu M. Castex, rappelant que la moyenne des contaminations quotidiennes s'établissait autour des 15.000 cas. "Il n'est pas question que nous baissions la garde dans les semaines à venir", a martelé le Premier ministre en annonçant que les bars, restaurants resteraient fermés au minimum jusqu'à mi-février. Aucun assouplissement n'est prévu non plus dans les semaines qui viennent pour les cinémas, théâtres, musées ou salles de sports, a-t-il précisé.La France espère en revanche rouvrir les remontées mécaniques des stations de ski, qui attirent habituellement une importante clientèle européenne, pour les vacances de février, a indiqué M. Castex.Critiqué pour la lenteur du début de la campagne de vaccination, l'exécutif a annoncé un nouvel élargissement des publics éligibles dans les prochains jours: les plus de 75 ans pourront se faire vacciner à partir du 18 janvier, et la vaccination est désormais ouverte aux personnes handicapées dans des établissements spécialisés et aux personnels de 50 ans et plus qui y travaillent.45.000 personnes ont été vaccinées au cours des cinq derniers jours, a précisé M. Castex.De son côté, le ministre de la Santé a précisé que la deuxième injection du vaccin Pfizer-BioNTech pouvait être différée "jusqu'à six semaines au lieu de trois", "sans risque et sans perte d'efficacité"."Cela nous permet de disposer de davantage de doses disponibles tout de suite" pour réaliser la première injection du vaccin chez plus de patients, a souligné Olivier Véran.Plus de 66.000 personnes sont mortes du Covid-19 en France depuis le début de l'épidémie en mars dernier.