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France: la justice conteste la remise en liberté d'un Libérien soupçonné de crimes contre l'humanité

11 septembre 2019 à 11h18 Par AFP
La justice française conteste la remise en liberté sous contrôle judiciaire la semaine dernière d'un Libérien soupçonné de crimes contre l'humanité en raison d'un vice de procédure, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Le parquet général (ministère public) a formulé un pourvoi contre cette décision de la cour d'appel de Paris.Kunti K. avait été interpellé en région parisienne en septembre 2018 puis mis en examen pour "actes de torture en réunion par l'usage d'une arme" et "actes de torture constitutifs de crimes contre l'humanité" puis écroué.Le pôle "crimes contre l'humanité, crimes et délits de guerre" du parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à la suite d'une plainte déposée le 23 juillet 2018 par l'ONG Civitas Maxima.Selon le quotidien Le Parisien, un juge d'instruction n'a pas donné suite à une demande de l'avocat de ce Libérien de pouvoir communiquer avec son client, entraînant automatiquement sa remise en liberté.Né en 1974, Kunti K., naturalisé néerlandais, aurait été commandant au sein du United Liberation Movement of Liberia for Democracy (ULMO), des opposants au mouvement de l'ancien président libérien Charles Taylor, lors de la première guerre civile dans ce pays d'Afrique de l'ouest, avait précisé une autre source judiciaire au moment de sa mise en examen.Il est soupçonné d'actes de torture, d'utilisation d'enfants soldats, de meurtres, d'actes de cannibalisme et de mise en esclavage entre 1993 et 1997, avait ajouté cette source.La guerre civile au Liberia (1989-1995), l'un des plus atroces conflits du continent africain, a fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003. Elle a été marquée par des massacres commis par des combattants souvent drogués, des mutilations, actes de cannibalisme, recrutement forcé d'enfants soldats...Charles Taylor, chef de guerre pendant la guerre civile au Liberia, élu à la présidence en 1997, a été condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) en 2012 à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans ce pays voisin du Liberia.