Gabon: poursuite de la grève dans le pétrole au moins jusqu'à lundi

3 avril 2011 à 18h23 par La rédaction

LIBREVILLE (Gabon) (AFP)

La grève des employés du pétrole au Gabon entamée jeudi à minuit se poursuivra au moins jusqu'à lundi, a affirmé un représentant syndical à l'AFP dimanche alors que la quasi-totalité de la production pétrolière du Gabon, 4e producteur sub-saharien, est interrompue.

Des négociations ont eu lieu dimanche entre le gouvernement et l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), qui regroupe 4.000 des 5.000 salariés du secteur et dont les mouvements sont généralement très suivis.

"On a arrêté des pistes de solution sur lesquels on avance mais il faut s'accorder sur les modalités de mise en oeuvre.La grève se poursuivra au moins jusqu'à demain (lundi)" a affirmé à l'AFP Arnauld Engandji, porte-parole de l'Onep, vers 19h00 locale (18h00 GMT) lors d'une pause lors des négociations.

A Port-Gentil, un responsable de l'ONEP a affirmé que le bureau provincial avait soumis 12 préalables à la reprise du travail.Parmi lesquel figure "la mise à contribution de délégués du personnel pour identification des expatriés en situation irrégulière pour leur expulsion sous 48h".

L'Onep a lancé une grève jeudi à minuit afin d'obtenir un décret réglementant l'emploi de la main d'oeuvre étrangère.L'Onep entend à la fois lutter contre l'emploi de hauts cadres expatriés et surtout contre le recours à une main d'oeuvre africaine ou asiatique qu'elle estime peu ou pas qualifiée.

La production du pays est stoppée et les stations à essence du pays ne sont plus approvisionnée alors qu'aucun hydrocarbure ne sort plus de l'unique raffinerie du pays, située à Port-Gentil, la capitale pétrolière.

Le pétrole est la principale richesse du Gabon, qui en produit entre 220.000 et 240.000 barils par jour.Officiellement, ses recettes assurent à l'Etat environ 60% de son budget.les principaux producteurs au Gabon sont Total et Shell.

Dans un communiqué publié dans la presse samedi, le gouvernement a fixé à lundi la "large concertation" demandée par le président gabonais Ali Bongo Ondimba entre la ministre du Travail et de l'Emploi Angélique Ngoma et les centrales syndicales sur le sujet de la main d'oeuvre étrangère notamment.