Gambie: deux journaux privés fermés pour avoir critiqué le pouvoir de Jammeh

Par La rédaction

BANJUL (AFP) - (AFP)

Deux journaux privés ont été fermés vendredi en Gambie pour avoir critiqué le régime du président Yahya Jammeh, ont affirmé à l'AFP des sources sécuritaires.

Des responsables du quotidien The Standard et du tri-hebdomadaire The Daily News ont indiqué à l'AFP n'avoir pas été informés des raisons de ces fermetures.

Les sièges du Standard et du Daily News ont été visités par des membres de l'Agence nationale des renseignements (NIA), qui leur ont ordonné une fermeture immédiate, selon des sources à la NIA.

Ils ont été fermés "pour avoir été critiques envers le régime du président Jammeh", a affirmé à l'AFP une de ces sources tandis que, selon une autre source de la même agence, les deux journaux "étaient (déjà) placés sous surveillance" pour leurs critiques envers le gouvernement.

Interrogés par l'AFP, des responsables des deux journaux ont confirmé que leurs locaux ont été visités par des policiers en civil.

"Trois officiers de police en civil ont visité nos locaux cet après-midi, et nous ont dit qu'ils ont reçu du bureau du président l'ordre de venir fermer (le journal) avec effet immédiat", a dit Lamin Njie, rédacteur en chef de The Daily News, en affirmant qu'ils n'entendaient pas en tenir compte, en l'absence de notification écrite.

"Nous allons continuer de paraître, sauf s'ils nous informent (de la décision de fermeture) par écrit et non verbalement", a assuré M. Njie.

"J'ai été informé par mon personnel que trois officiers en civil sont venus à mon bureau.Mais s'ils ont ordonné la fermeture de notre journal, je ne l'ai pas encore entendu", a de son côté dit Sheriff Bojang, l'éditeur du Standard.

Le 15 août, les autorités gambiennes avaient fermé la radio communautaire locale Teranga FM, accusée d'avoir refusé d'arrêter la diffusion d'une revue de la presse privée gambienne, selon la direction du média.

Créé en janvier 2009, cette radio avait déjà été fermée en janvier 2001 pour diffusion de la revue de la presse locale dans les principales langues nationales.Elle avait été autorisée à reprendre ses émissions en contrepartie de la suspension de ce programme.