Gambie: nouvelles arrestations dans les services de sécurité

Par La rédaction

BANJUL (Gambie) (AFP)

Onze dirigeants des services de sécurité ont été arrêtés en Gambie, soupçonnés d'être impliqués dans une tentative avortée de coup d'Etat en 2009, ont indiqué mercredi des responsables des services de renseignement.

Ces arrestations interviennent quatre mois après la condamnation à mort de huit personnes, dont l'ancien l'ex-chef de l'armée, Langtombong Tamba, l'ex-chef des services de renseignement Lamin Badjie et l'ex-chef adjoint de la police Modou Gaye, par un tribunal de Banjul pour participation à ce coup d'Etat présumé.

Parmi les personnes arrêtées mercredi figurent Ajatta Gibba, qui dirigeait une enquête sur ce complot, Lewis Gomez, directeur de la sécurité intérieure dans les services de renseignement, et deux hommes présentés comme des témoins clés contre les accusés.

"Ces suspects sont actuellement détenus et collaborent avec les enquêteurs.Ils ont été arrêtés tôt mercredi matin après des informations selon lesquelles ils avaient aussi participé au coup d'Etat avorté de 2009", a indiqué un haut responsable à l'AFP.

Ils doivent encore être inculpés et déférés devant un tribunal.

En juillet, les huit condamnés avaient été déclarés coupables d'avoir importé des armes de la Guinée voisine et d'avoir conspiré pour renverser le gouvernement de Yahya Jammeh.

Yahya Jammeh, qui règne en maître sur la Gambie depuis 16 ans, avait lui-même pris le pouvoir par un coup d'Etat militaire en juillet 1994.

Des accusations de complot contre le chef de l'Etat et son administration sont fréquemment portées contre les officiers de l'armée de ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, entouré par le Sénégal.

Le régime de Jammeh est régulièrement critiqué pour ses violations des droits de l'homme.Il est accusé par les ONG d'entretenir un climat de terreur, notamment parmi les journalistes, dont plusieurs ont été tués ou ont disparu.