Génocide au Rwanda: Kabuga extrait de sa cellule "pour raisons médicales"

26 septembre 2020 à 10h37 par AFP

AFRICA RADIO

Félicien Kabuga, accusé d'être le "financier" du génocide au Rwanda, devait être extrait dans le week-end de sa cellule française pour "raisons médicales", alors que la question de sa remise à la justice internationale doit être tranchée le 30 septembre, a appris l'AFP de sources proches du dossier.

Une de ces sources a indiqué à l'AFP que M. Kabuga devait être extrait de sa cellule de la prison de la Santé en cette fin de semaine "pour raisons médicales".Selon une autre source proche, M. Kabuga a été hospitalisé vendredi à Paris pour une "occlusion intestinale".Interrogé par l'AFP, son avocat Me Emmanuel Altit n'a pas souhaité commenter l'information.La Cour de cassation tranchera le 30 septembre sur la remise à la justice internationale de Félicien Kabuga, arrêté en mai près de Paris après vingt-cinq ans de cavale.La plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français a été saisie par le Rwanda après le feu vert donné le 3 juin par la cour d'appel de Paris à sa remise au Mécanisme pour les tribunaux internationaux (MTPI), la structure chargée d'achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR).Interpellé le 16 mai en banlieue parisienne, le vieil homme, 87 ans selon ses dires, est notamment accusé d'avoir participé à la création des milices hutu Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit, selon l'ONU, 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi.Il est également soupçonné d'avoir mis sa fortune à contribution pour acheminer des milliers de machettes aux miliciens.Mais l'ancien président de la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui diffusa des appels au meurtre des Tutsi, conteste l'intégralité des sept chefs d'inculpations qui le visent.Ses avocats évoquent régulièrement l'état de santé jugé mauvais de M. Kabuga, qui souffre de diabète et d'hypertension, mais aussi de "leucoaraïose", une pathologie incurable lui faisant perdre progressivement ses fonctions motrices et cognitives. Dans son arrêt du 3 juin, la cour d'appel de Paris s'était appuyée sur un certificat médical établi par le médecin pénitentiaire, qui certifiait que M. Kabuga devait être transporté "par ambulance lors des extractions". Si la Cour de cassation se prononce pour la remise de M. Kabuga au MTPI, la France aurait un mois pour exécuter la décision.