Génocide rwandais: Agathe Habyarimana perd son procès contre un reportage

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Agathe Habyarimana, veuve de l'ancien président rwandais dont l'assassinat est considéré comme l'élément déclencheur du génocide de 1994, a perdu jeudi le procès engagé en vue d'une interdiction éventuelle de la la diffusion d'un reportage sur le génocide programmé par la chaîne de télévision France 2.

Agathe Habyarimana, qui réside en région parisienne, avait assigné en référé France Télévisions et le producteur Tony Comiti pour le reportage sur le génocide -- qui a fait, selon l'ONU, plus de 800.000 morts, dans leur immense majorité des membres de la minorité tutsi -- programmé le 28 juin.

Deux autres Rwandais résidant en France, l'ex-lieutenant-colonel de l'armée rwandaise Marcel Bivugabagabo et le Dr Charles Twagira, également interviewés dans le documentaire, s'étaient joints à son action.

Le documentaire litigieux s'intitule "Génocide rwandais: des tueurs parmi nous?".

Craignant une atteinte à leur présomption d'innocence, les demandeurs réclamaient le visionnage préalable du reportage et le cas échéant l'interdiction de sa diffusion.

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris les a déboutés, jugeant que les demandeurs "n'apportent pas les éléments propres à laisser très sérieusement présumer que le journaliste aurait dans sa présentation du document manqué à son obligation de s'abstenir de toutes conclusions définitives, mais aurait au contraire manifesté un préjugé à leur égard, tenant de façon péremptoire pour acquise leur culpabilité avant tout jugement".

Mme Habyarimana fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis en octobre 2009 par les autorités rwandaises pour génocide et crimes contre l'humanité et Kigali demande son extradition.

Placée sous contrôle judiciaire, elle doit comparaître à une date non déterminée devant la cour d'appel de Paris qui statuera sur la demande d'extradition du Rwanda.Une enquête a été également ouverte en 2008 à Paris à la suite d'une plainte la visant pour complicité de génocide.