Grève au Nigeria: arrivée des principaux syndicats à la présidence

Par La rédaction

ABUJA (AFP) - (AFP)

 Les dirigeants des principaux syndicats au Nigeria sont arrivés samedi soir à la présidence à Abuja pour des négociations destinées à mettre un terme à la grève générale et éviter qu'elle ne s'étende au secteur pétrolier dans le premier pays producteur de brut en Afrique.

Plus d'une dizaine de dirigeants syndicalistes sont arrivés pour cette réunion consacrée à la hausse du prix des carburants, largement contestée par la majorité des Nigérians qui vivent avec moins de deux dollars par jour.Les syndicalistes n'ont fait aucune déclaration à leur arrivée.

Juste avant leur arrivée au palais présidentiel, les deux principales centrales syndicales au Nigeria avaient affiché leur inflexibilité sur un retour au prix du carburant tel qu'il était fixé avant le 1er janvier, selon des sources concordantes.

"Le Trade Union Congress (TUC) insiste sur 65 nairas (0,40 USD, 0,30 euros) par litre", comme avant la fin des subventions aux carburants, a déclaré une source proche du TUC après une réunion des responsables de la confédération à Abuja."Nous ne pourrons négocier qu'après", a ajouté cette source.

L'autre confédération syndicale a adopté la même ligne: le Nigeria Labour Congress (NLC) a pris cette décision au cours d'une réunion de ses représentants exécutifs à travers le pays avant les pourparlers avec la présidence nigériane samedi soir à Abuja.

Ces négociations sont destinées à mettre fin à une grève générale - suspendue pour le week-end - et d'éviter qu'elle ne touche le secteur pétrolier, jusque-là épargné par le mouvement de contestation qui touche le géant démographique de l'Afrique.

 "S'il doit y avoir la moindre négociation, elle ne commencera que quand le prix (du litre du carburant) repassera à 65 nairas", a déclaré l'AFP Denja Yaqub, secrétaire général du NLC.

"Nous allons transmettre cette position ce soir", au président nigérian Goodluck Jonathan, a-t-il ajouté.

Les discussions interviennent à la faveur d'une suspension vendredi de la grève et de manifestations contre le prix de l'essence qui se déroulaient depuis lundi.La pause a permis à des Nigérians de se ravitailler.

Si les pourparlers échouent samedi, le secteur pétrolier a menacé de rejoindre dimanche la grève et d'arrêter la production du premier exportateur de pétrole du continent.

Les syndicats ont averti que la mobilisation repartirait de plus belle lundi en cas d'échec des négociations.

La suspension de la grève doit faciliter la recherche d'une issue à un conflit provoqué par le doublement du prix de l'essence en début d'année par le gouvernement à la recherche de fonds pour moderniser les infrastructures du pays le plus peuplé d'Afrique.

 Depuis le début de la semaine, des dizaines de milliers de Nigérians ont cessé le travail et manifesté dans tout le pays.