Grève des enseignants en Guinée: prochaine tournée du Premier ministre

10 octobre 2018 à 16h03 par AFP

AFRICA RADIO

Le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, va effectuer dans les prochains jours une tournée dans le pays pour convaincre les enseignants de renoncer à une nouvelle augmentation salariale, à l'origine d'une grève, a annoncé mercredi une source gouvernementale.

Une semaine après le lancement de la grève par le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) pour la rentrée des classes, la grande majorité des écoles étaient paralysées à Conakry, a rapporté un correspondant de l'AFP.Le syndicat accuse le gouvernement de n'avoir pas respecté l'accord qui avait mis fin en mars au précédent conflit après plus d'un mois de grève.Cet accord prévoyait l'application d'une augmentation des salaires de 40% décidée en 2017 et l'ouverture de négociations en mai "sur un salaire de base de tous les enseignants de huit millions de francs guinéens" (762 euros). Le Premier ministre se rendra dans les sept capitales régionales du pays pour convaincre les enseignants de renoncer à cette augmentation mais leur offrira en contrepartie "la construction de logements sociaux" à leur usage, a indiqué la source gouvernementale.M. Fofana annoncera à cette occasion une hausse du budget du secteur de l'Education pour 2019 consacrée uniquement à la construction de nouvelles infrastructures scolaires dans les zones reculées et au recrutement de nouveaux enseignants pour les écoles déjà construites.Le ministre de l'Education nationale, Mory Sangaré, a exhorté mardi soir les enseignants et les élèves à reprendre le chemin de l'école. "Dans l'ensemble des établissements scolaires de notre pays, des enseignantes et des enseignants ont pour la plupart été au rendez-vous de leur devoir, tandis que peu d'élèves se sont présentés".Dans l'enceinte du lycée Yimbaya (banlieue sud), l'un des plus grands de la capitale, un groupe d'une vingtaine d'élèves a attendu mercredi en vain l'arrivée d'un professeur, selon le correspondant de l'AFP."Nous sommes ici en train de discuter entre nous dans l'espoir qu'un de nos profs va venir ici et discuter avec nous même si ce n'est pas dans une salle de classe, pour nous occuper un peu au lieu de rester à la maison à ne rien faire", a expliqué Saliou Baldé, un élève de terminale.Au lycée 2 octobre (1.800 élèves) à côté du ministère de l'Education nationale, il n'y avait ni enseignants ni élèves, selon la même source.