Guinée-Bissau: le pouvoir déchu dénonce un "montage politique"

8 novembre 2012 à 14h17 par La rédaction

LISBONNE (AFP) - (AFP)

L'ex-Premier ministre de Guinée-Bissau Carlos Gomes Junior, renversé par un coup d'Etat militaire en avril, a réfuté jeudi les accusations du pouvoir en place selon lesquelles il serait l'instigateur d'une récente tentative de contre-coup d'Etat.

"Ce sont des accusations saugrenues, un montage politique.Nous avons la conscience tranquille", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse dans un hôtel de Lisbonne, aux côtés de l'ancien président par intérim Raimundo Pereira.

Le gouvernement en fonction à Bissau a accusé M. Gomes Junior, le Portugal, ancienne puissance coloniale en Guinée-Bissau, et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) d'être les "promoteurs" de l'attaque d'une caserne de l'armée à Bissau le 21 octobre.

Selon Bissau, cette attaque, qui a fait sept morts et dont le chef présumé a depuis été arrêté, avait pour but de renverser le pouvoir en place depuis le coup d'Etat du 12 avril.

Dans un premier temps le gouvernement portugais n'avait pas souhaité répondre à ces accusations mais un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a depuis affirmé à l'agence Lusa que Lisbonne refusait "toute instrumentalisation concernant les questions internes du pouvoir militaire à Bissau".

Disant parler au nom des "autorités légitimes de Guinée-Bissau", Carlos Gomes Junior a accusé jeudi le pouvoir en place de se servir d'un "montage macabre" pour instaurer "un régime dictatorial" propice au trafic de drogue, qui mine ce petit pays d'Afrique de l'Ouest dont l'histoire est jalonnée de coups d'Etat et d'assassinats politiques.

"Seule la mise en place de forces internationales sous l'égide de l'Union africaine et des Nations unies pourra mettre fin à la vague de terreur qui s'est installée", a-t-il affirmé.

"Nous exigeons la poursuite du processus électoral interrompu" par le coup de la mi-avril après le premier tour de la présidentielle remporté par M. Gomes Junior, a-t-il ajouté tout en indiquant que les deux parties pourraient se rencontrer "prochainement" à Addis Abeba.