Guinée: des opposants au président Condé entendus par la police (avocat)

12 novembre 2020 à 15h44 par AFP

AFRICA RADIO

Trois opposants guinéens se sont rendus jeudi à la convocation de la police qui a lancé avec la justice une vaste opération d'arrestations et d'interrogatoires sur les violences autour de la récente présidentielle, a indiqué un de leurs avocats, Salifou Béavogui.

Ousmane Gaoual Diallo, Abdoulaye Bah et Etienne Soropogui se sont présentés d'eux-mêmes à la direction de la police judiciaire dans la capitale Conakry, a-t-il dit. Ils y ont rejoint Ibrahima Chérif Bah, qui y a passé la nuit après avoir été emmené mercredi par les policiers, a-t-il ajouté.Ibrahima Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Abdoulaye Bah sont des responsables de l'Union des forces démocratiques, le parti dirigé par le principal challenger de M. Condé à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo. Etienne Soropogui est également une figure d'opposition.Les quatre hommes, entendus séparément par les policiers selon l'avocat, figurent parmi les six opposants "activement" recherchés selon le parquet à la suite des violences électorales, et plus précisément pour avoir "proféré des menaces de nature à troubler la sécurité et l'ordre publics".L'opposition dénonce une opération visant à la museler et à faire oublier le "coup d'Etat électoral" auquel s'est livré selon elle le président Alpha Condé.La candidature de M. Condé, 82 ans, à un troisième mandat a provoqué des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection.La Cour constitutionnelle a définitivement proclamé samedi M. Condé vainqueur dès le premier tour, avec 59,5% des suffrages, contre 33,5% pour M. Diallo. Ce dernier assure que c'est lui qui a gagné et que les résultats sont truqués.La justice et la police guinéennes ont lancé une série d'arrestations et d'auditions de dizaines de personnes pour une multitude de faits présumés, en relation avec les violences électorales.Les Etats-Unis, la France et l'Union européenne ont émis des doutes sur la crédibilité du résultat de la présidentielle. La communauté des Etats ouest-africains, ainsi que la Chine, active en Guinée, ont félicité M. Condé.