Guinée équatoriale/"Biens mal acquis": une décision "historique", estime un opposant

11 novembre 2010 à 15h36 par La rédaction

MALABO (AFP)

La décision de la Cour de cassation française dans l'affaire dite des "biens mal acquis" est "importante et historique", a déclaré jeudi à l'AFP le secrétaire général de la principale formation d'opposition équato-guinéenne, Placido Mico.

"Cette décision est très importante et historique, (et fait) école pour les chefs d'Etat qui mettent (utilisent) pour eux l'argent de leur Etat et achètent des voitures et maisons de luxes", a dit M. Mico, candidat à l'élection présidentielle en 2009 et secrétaire général de la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS).

La Cour de cassation a jugé recevable mardi la constitution de partie civile de Transparence International (TI) dans ce dossier diplomatiquement sensible puisqu'il implique les chefs d'Etat de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema, du Congo Denis Sassou Nguesso du Congo et le défunt président du Gabon Omar Bongo, ainsi que certains de leurs proches.Cette décision a ouvert la voie à une enquête et à la nomination d'un juge d'instruction indépendant.

"Je suis content de cette décision de la Cour de cassation de Paris qui a accepté de nommer un juge d'instruction pour enquêter sur les biens du président Obiang et de sa famille, (des) biens acquis avec l'argent des citoyens qui vivent pauvres ici", a souligné l'opposant.

"J'espère que cette décision (va faire) école et que ça ne s'arrête pas seulement" à la Guinée équatoriale, au Congo et au Gabon, a-t-il ajouté, demandant à ce que ce type de procédure "s'étende à tous les Etats démocratiques et industrialisés où ces chefs d'Etat ont l'habitude d'aller déposer (de l'argent)".