Guinée équatoriale: la justice réclame la comparution du président de Transparency France

Par La rédaction

LIBREVILLE (AFP) - (AFP)

La Guinée équatoriale, dont le fils du président fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la France dans l'affaire des "biens mal acquis", a réclamé mercredi la comparution à Malabo du Français Daniel Lebègue, responsable de l'ONG Transparency International-France (TI).

La plainte déposée en 2008 par la section française de TI présidée par M. Lebègue est à l'origine de l'affaire impliquant des chefs d'Etats africains accusés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné.

Un tribunal de Malabo "a déclaré recevable cette plainte criminelle (du procureur général équato-guinéen), dans laquelle la comparution de Daniel Lebègue est requise pour qu'il réponde à cet organe judiciaire", affirme un communiqué du procureur diffusé mercredi par le gouvernement équato-guinéen.

"Le procureur général de la Guinée équatoriale, David Nguema Obiang, a déposé, auprès du Tribunal numéro 1 de Malabo, une plainte criminelle contre l'entrepreneur français Daniel Lebègue, pour des délits présumés de calomnies et d'injures aux institutions publiques et aux autorités de la Guinée équatoriale", souligne le gouvernement sans préciser la date du dépot de la plainte.

Dans la loi équato-guinéenne, le parquet dépose après enquête une plainte auprès du tribunal.Si celle-ci est acceptée une instruction est ouverte.

Le procureur avait ouvert une enquête mi-avril "sur les déclarations de Daniel Lebègue qui a affirmé que la Guinée était un pays dans lequel on ne pouvait faire des affaires en raison de la corruption, que les autorités étaient corrompues et qu'il n'y avait pas de sécurité juridique", selon le communiqué.

Le procureur estimait que cela pouvait "constituer un délit de calomnie et d'injure"

La France a lancé en juillet un mandat d'arrêt international contre Téodorin Obiang, fils du président Teodoro Obiang, après son refus de se présenter à la justice française.En juillet, l'hôtel particulier à Paris de Teodorin Obiang estimé entre 100 et 150 millions d'euros, selon une source proche du dossier, a été saisi.

Connu pour ses frasques et un passé de play-boy, Teodorin Obiang, plusieurs fois ministre, a été nommé en mai 2ème vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité.Un signe selon de nombreux observateurs et l'opposition qu'il est le dauphin désigné de son père arrivé au pouvoir en 1979 par un coup d'Etat.