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Guinée: gros dispositif policier pour un appel à manifester de l'opposition

25 novembre 2020 à 14h18 Par AFP
Le gouvernement guinéen a déployé un dispositif policier renforcé mercredi à Conakry après l'appel à manifester du principal parti d'opposition pour contester la réélection du président Alpha Condé et réclamer la libération de ses responsables emprisonnés, a constaté un journaliste de l'AFP. L'appel de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG), parti de Cellou Dalein Diallo, principal adversaire de M. Condé à la présidentielle du 18 octobre, maintenu malgré l'interdiction des manifestations, semble cependant avoir eu un écho limité, au moins dans la capitale, où aucun rassemblement n'a été rapporté.En revanche, les forces de sécurité ont dispersé des centaines de manifestants descendus dans la rue à Labé (centre nord) avec des drapeaux et des portraits de jeunes tués, selon eux, par ces mêmes forces, ont rapporté des témoins et des organisateurs.C'est la deuxième fois au moins en novembre que l'UFDG peine à rassembler les foules, alors que la mobilisation contre un troisième mandat d'Alpha Condé a mis des milliers de personnes dans la rue à plusieurs reprises après octobre 2019.La candidature de M. Condé a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis un an et dans les jours suivant l'élection.M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. Cellou Dalein Diallo assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude.Cinq figures de l'opposition, dont quatre membres de l'UFDG, ont été emprisonnées en novembre, mis en cause par les autorités pour implication dans les violences autour de la présidentielle.Le gouvernement a annoncé dimanche l'interdiction jusqu'à nouvel ordre des manifestations, en invoquant la pandémie de Covid-19.Avec le maintien de l'appel de l'UFDG, gendarmes et policiers ont été positionnés aux endroits sensibles de Conakry comme l'aéroport ou les ponts. Des magasins sont restés fermés à Médina, grand marché de la capitale, mais les administrations, les banques et les stations essence ont ouvert dans le centre-ville.Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Amadou Damara Camara, a minimisé les récents propos du président français Emmanuel Macron sur la réélection de M. Condé, auxquels ce dernier n'a pas réagi publiquement. M. Macron a dit à l'hebdomadaire Jeune Afrique ne pas avoir félicité M. Condé parce qu'il a "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir"."Pourquoi donner tant d'importance à la déclaration de Macron ?Le moment venu, (M. Macron) le félicitera parce qu'il est issu de la volonté du peuple de Guinée", a déclaré mardi soir à la presse M. Camara. La Guinée, ancienne colonie, "ne fait plus partie des territoires d'outremer" français, a-t-il ajouté.