Guinée: Konaté renonce à quitter le pays sous la pression de personnalités

Par La rédaction

CONAKRY (AFP)

Le président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, a "renoncé" officiellement à se rendre au Maroc, jeudi, sous la pression de diverses personnalités qui ne voulaient pas le voir quitter le pays juste avant l'annonce des résultats de la présidentielle.

Le général Sékouba Konaté "a renoncé, ce jeudi, à un voyage sanitaire au Maroc pour se mettre à la disposition de son pays, la Guinée", a annoncé dans la soirée le directeur du bureau de presse de la présidence, le commandant Mohamed Kassé, dans un reportage diffusé à la télévision nationale.

Un avion privé en provenance du Maroc était pourtant "arrivé à Conakry", spécialement pour qu'il fasse ce voyage, selon le reportage.

Mais, "à la demande de plusieurs personnalités politiques, africaines et européennes et américaines, le général Konaté a renoncé à ses soins médicaux pour se mettre au service de la Guinée", selon le commandant Kassé.

"Son absence pouvait susciter des velléités", a ajouté le commentateur, sans préciser lesquelles.

L'ancien général putschiste est chargé, depuis janvier, "de mener la transition à bon port en organisant des élections libres, transparentes et démocratiques afin de remettre le pouvoir à un président civil élu", a rappelé le reportage.

Depuis plusieurs jours, des rumeurs sur son départ circulaient dans la capitale guinéenne, suscitant l'inquiétude de ses habitants, prompts à l'accuser de vouloir se mettre "à l'abri" dans une situation difficile.

Les résultats provisoires complets du second tour de la présidentielle doivent être publiés d'ici la fin de la semaine, pour départager les candidats civils Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a diffusé, depuis mardi, des résultats partiels correspondant à environ la moitié du corps électoral, les deux candidats apparaissant au coude à coude.

A Conakry, des observateurs disaient redouter des troubles après l'annonce des résultats provisoires complets, la campagne ayant déjà été marquée par certains heurts politico-ethniques à Conakry et dans l'est.

"Cela faisait longtemps que l'entourage du général Konaté parlait de sa volonté d'aller à la Mecque.Puis il a parlé d'aller au Maroc.Plusieurs personnalités guinéennes et étrangères lui ont alors dit que ce n'était pas le meilleur moment, qu'il pouvait retarder son départ", a simplement indiqué à l'AFP une source diplomatique.

"On sait que son départ risquait d'être mal interprété du fait de sa réputation de n'être jamais là quand les mauvais coups se passent", a souligné un observateur.

Sékouba Konaté, ex-ministre de la Défense de la junte, n'était pas présent à Conakry au moment du massacre de 157 opposants par les forces de défense et de sécurité, le 28 septembre 2009, ni quand le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, avait fait l'objet d'une tentative d'assassinat en décembre.