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Guinée: la gendarmerie empêche les femmes de l'opposition de marcher

01 novembre 2018 à 19h12 Par AFP
La gendarmerie guinéenne a empêché jeudi plusieurs centaines d'opposantes de marcher à Conakry pour réclamer "justice pour leurs enfants" tués, selon elles, pendant les manifestations réprimées par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP. Plusieurs centaines de femmes ont voulu marcher d'une mosquée en banlieue de Conakry au ministère de la Sécurité. "Justice pour nos morts, morts aux assassins", ont-elles scandé, au départ de la marche.Elles portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "avec 98 morts, tués par les forces de l'ordre, Alpha (Condé, président guinéen) doit aller à la Haye", siège de la Cour pénale internationale (CPI). Elles ont également montré des photos des jeunes tués, selon elles, par les forces de l'ordre. A la sortie de la mosquée, elles ont fait face à des femmes gendarmes, non armées, mais qui ont formé un barrage pour les empêcher de rejoindre le ministère de la Sécurité."Nous voulons aller crier notre colère devant le ministre (de la Sécurité) Alpha Ibrahima Kéira qui protège les assassins", a déclaré à la presse Mme Maimouna Diallo, vice-présidente des femmes de l'Union des forces démocratique des Guinée (UFDG), principal parti d'opposition."Nous sommes empêchées dans notre action par des femmes de la gendarmerie qui devraient en principe et normalement être nos complices puisqu'elles sont elles-mêmes femmes", a affirmé Mme Diallo.L'opposition estime à 98 le nombre de manifestants tués depuis l'arrivée au pouvoir en 2010 du président Alpha Condé.Amnesty International s'est inquiété mercredi du nombre de tués - 18 depuis le début de l'année, dont trois au cours des deux dernières semaines - lors des manifestations de l'opposition en Guinée, dans un communiqué publié par son bureau pour l'Afrique de l'Ouest.L'organisation a demandé aux autorités de Conakry de veiller à ce que "personne d'autre ne perde la vie", dans le même texte.Alors que les enseignants sont régulièrement en grève, l'opposition politique a contesté les résultats des élections locales du 4 février, puis la mise en place des conseils municipaux, en organisant des manifestations et des journées "ville morte".