Guinée: libération de 22 personnes qui avaient manifesté contre les coupures de courant

30 juillet 2020 à 10h44 par AFP

AFRICA RADIO

Vint-deux personnes arrêtées lors d'une manifestation en Guinée contre les coupures d'électricité dans l'est du pays, ont été libérées, a appris jeudi l'AFP auprès de leur avocat et d'un ex-détenu.

"Mes clients sont tous libres. Ils ont chacun rejoint (leur) domicile", a déclaré à l'AFP Me Antoine Camara. L'un d'entre eux, Hassane Doumbouya, joint par l'AFP depuis Conakry, a confirmé leur libération mercredi soir. Ces 22 personnes, dont une majorité de jeunes, avaient été arrêtées le 21 juillet lors d'une manifestation de plusieurs centaines de personnes à Kankan, fief du président Alpha Condé en Haute-Guinée (Est). De violents heurts avec les forces de l'ordre avaient éclaté lors de ce rassemblement et plusieurs manifestants avaient été blessés, selon des témoins. Inculpés pour "troubles à l'ordre public, attroupement illégal, destruction de biens publics et privés et désobéissance civile", puis écroués à Kanka, les 22 prévenus ont été arrêtés lundi. Les manifestations contre les coupures d'électricité sont récurrentes en Guinée. Malgré la richesse de son sous-sol en bauxite, or, diamant et minerai de fer, plus de la moitié de la population de ce pays d'Afrique de l'Ouest vit dans la pauvreté.Des manifestations contre un éventuel troisième mandat du président guinéen Alpha Condé, suspendues depuis des mois en raison de la pandémie de Covid-19, ont également repris depuis dix jours en Guinée. Le mandat de M. Condé, 82 ans, élu en 2010 et réélu en 2015, arrive à échéance à la fin de l'année mais il entretient l'ambiguïté sur ses ambitions personnelles.Le Rassemblement pour le peuple de Guinée (RPG), le parti du président Condé, doit se réunir les 5 et 6 août à Conakry pour choisir son prochain candidat à présidentielle.Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui s'oppose à un éventuel troisième mandat d'Alpha Condé, est convaincu qu'il briguera sa propre succession.Formé des principaux partis d'opposition et de représentants de la société civile, le Front a appelé mercredi "les populations de Conakry et ses environs à des manifestations le 6 août pour faire barrage à ce coup d'Etat civil". Lancée par l'opposition mi-octobre, la mobilisation anti-Condé, plusieurs fois sévèrement réprimée, a fait des dizaines de morts parmi les civils.