Guinée: tollé de l'opposition après une "tentative d'assassinat" de son chef

Par AFP

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Des ténors de l'opposition guinéenne exprimaient mercredi leur indignation au lendemain du tir à balle réelle contre le véhicule de leur chef de file, dénonçant une "tentative d'assassinat" par les forces de l'ordre, qui ont formellement démenti.

Principal opposant au président Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo se rendait mardi à une manifestation de l'opposition, interdite par le pouvoir, lorsque son convoi a été bloqué par les forces de l'ordre. Sa voiture a été alors prise pour cible par un homme armé, a-t-il expliqué à l'AFP.L'impact d'une balle est clairement visible au centre du pare-brise avant du véhicule de M. Diallo, dont le chauffeur a été touché par des éclats de verre au visage, a constaté un correspondant de l'AFP. "J'étais là lorsque notre voiture a été bloquée. Un membre des forces de l'ordre a tiré à bout portant", a expliqué mercredi le président du Bloc Libéral (BL), Faya Millimouno."Cette balle aurait pu enlever la vie du chef de file de l'opposition ou ma vie. Il est clair que nous rentrons dans un Etat voyou, où le président de la république, le gouvernement, peut ordonner l'assassinat de qui que ce soit", a accusé M. Millimouno.Dans un communiqué publié mardi soir, la direction régionale de la police de Conakry a affirmé que "les forces de sécurité condamnent et rejettent les accusations portées à leur endroit par voie de presse suite à la violence causée sur le véhicule du chef de file de l'opposition".Le procureur général de Conakry, Mamady Diawara, a annoncé l'ouverture d'une enquête afin de "situer les responsabilités éventuelles sur les dérapages intervenus lors de ladite marche", sans préciser s'il visait les manifestants qui ont lancé des pierres tout au long de la journée sur les forces de l'ordre dans plusieurs quartiers de la capitale ou l'auteur du coup de feu contre le véhicule de M. Diallo."L'heure est grave !", a quant à lui lancé Thierno Mamadou Bah, président du parti Nouvelle Génération pour le Changement (NGC), en "exigeant toute la lumière sur cette tentative d'assassinat".Cellou Dalein Diallo affirme avoir reçu la veille une menace de mort. "On m'avait dit de ne pas sortir, qu'il y aurait une tentative d'assassinat contre ma personne. Je pensais que c'était une rumeur sans fondement pour m'intimider, mais voilà que c'est fait", a-t-il dit, en promettant de poursuivre les manifestations.Malgré l'interdiction, l'opposition avait maintenu son appel à manifester pour protester contre la violation par le pouvoir, selon elle, d'un accord conclu en août sur l'installation des élus locaux après le scrutin contesté du 4 février.