Guinée: un journaliste condamné à une amende pour offense au président et libéré

Par AFP

AFRICA RADIO

Un tribunal de Conakry a condamné mercredi un influent journaliste guinéen à une amende équivalant à 420 euros pour "offense" au président Alpha Condé et ordonné sa mise en liberté après presque trois mois de prison.

Amadou Diouldé Diallo, commentateur sportif réputé et historien, est l'une des centaines de personnes arrêtées ou jugées ces derniers mois en Guinée pour s'être opposées à M. Condé, élu à un troisième mandat controversé en octobre 2020, sur fond de contestation et de violences.Arrêté fin février, ce journaliste était accusé d'avoir dénoncé la discrimination dont se rendait coupable selon lui le président Condé envers la communauté peule, réputée acquise à l'opposition.Il avait affirmé en février sur une radio privée que le "seul projet" de M. Condé était "d'exterminer la communauté peule de Guinée".Le tribunal de Dixinn (banlieue de Conakry) l'a condamné à cinq millions de francs guinéens d'amende (420 euros), suivant les réquisitions du procureur lors du procès le 13 avril.A l'audience, Amadou Diouldé Diallo s'était décrit comme un lanceur d'alertes. "La prison, je suis content de l'avoir fait. C'est une école de la vie qu'on apprend nulle part", a-t-il dit mercredi.Son avocat, Me Mohamed Traoré, s'est déclaré "content" que son client recouvre la liberté, "mais c'est une joie en demi-teinte parce que Amadou Dioulé Diallo n'aurait pas dû passer une seule nuit en prison". Il s'est dit "choqué par la banalisation" de la détention en Guinée.Bien que reconnu comme jouant un rôle dans les élections guinéennes, le facteur communautaire est un sujet sensible dans ce pays d'Afrique de l'Ouest coutumier des violences politiques.La Guinée a été le théâtre entre 2019 et 2020 d'une mobilisation menée par l'opposition et une partie de la société civile, contre un troisième mandat de M. Condé. La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils et quelques morts dans les rangs des forces de sécurité.Des centaines de personnes ont été arrêtées au cours de la mobilisation et après la présidentielle, selon les défenseurs des droits humains.