Guinée: un opposant au président Condé condamné à 5 ans de prison

Par AFP

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La justice guinéenne a condamné lundi à cinq ans de prison un activiste guinéo-canadien, dernière en date des sentences prononcées contre les opposants au président Alpha Condé et au troisième mandat de celui-ci.

Mamadi Condé, alias Madic 100 Frontière, membre du principal parti d'opposition et vivant essentiellement au Canada selon l'un de ses avocats, devra payer une amende de 100 millions de francs guinéens (environ 8.000 euros) pour ses messages diffusés sur les réseaux sociaux, jugés "racistes, xénophobes" et injurieux par les autorités.Interrogé sur ce qui lui était reproché concrètement, l'un de ses avocats, Me Pépé Antoine Lama, a dit à l'AFP attendre de lire le jugement pour le savoir. Madic 100 Frontière s'est montré "très virulent" contre le président et le pouvoir, a-t-il dit.A l'audience, le parquet avait aussi invoqué les accusations de Madic 100 Frontière selon lesquelles les Peul étaient maltraités en Guinée, avait rapporté la presse. Le parquet avait réclamé dix ans de prison.Bien que reconnu comme jouant un rôle dans les élections guinéennes, le facteur communautaire est un sujet sensible. L'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) à laquelle appartient Madic 100 Frontière capte une grande partie de l'électorat peul, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du président Condé, une part importante de l'électorat malinké.Les Peul représenteraient avec les Malinké plus de la moitié d'une population de douze millions.Madic 100 Frontière "a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas", a déclaré Me Lama qui a indiqué que les avocats feraient appel.Madic 100 Frontière était rentré en Guinée pour participer à la campagne de Cellou Dalein Diallo, chef de l'UFDG, pour la présidentielle du 18 octobre. M. Condé, le président sortant âgé de 82 ans, a été proclamé vainqueur dès le premier tour par la Cour constitutionnelle. Son adversaire crie à la fraude.La Guinée a été le théâtre pendant des mois d'une mobilisation contre un troisième mandat de M. Condé. La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts depuis octobre 2019.Les autorités guinéennes ont procédé à des centaines d'arrestations en lien avec la présidentielle selon les défenseurs des droits humains. Un certain nombre d'opposants ont été condamnés à la prison. Madic 100 Frontière a été arrêté fin octobre alors qu'il cherchait à quitter le pays via la Sierra Leone, selon Me Lama.