Guinée: un site naturel unique célèbre la naissance rare d'un chimpanzé futur manieur d'outils

Par AFP

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La réserve de Bossou en Guinée vient d'enregistrer la naissance pour la première fois depuis des années d'un bébé chimpanzé, lueur d'espoir face à la menace d'extinction de l'espèce sur ce site naturel unique.

Des guides de la réserve ont observé la semaine passée que Fanle, l'une des femelles, tenait sur son ventre un tout petit, a indiqué par téléphone à l'AFP Aly Gaspard Soumah, directeur de l'Institut de recherche environnementale de Bossou, dans l'est de la Guinée aux confins de la Côte d'Ivoire et du Liberia."Il n'y a pas de doute" puisque les guides ont pu approcher Fanle: "il y a trois jours, on a pu confirmer le sexe avec des jumelles parce (qu'elles) étaient dans les arbres: c'est une femelle", a-t-il dit.Si Fanle a laissé approcher les guides chargés du suivi de la population, c'est à cause de la relation entre les singes et les hommes qui confère son caractère exceptionnel à Bossou, explique le docteur Soumah: les chimpanzés vivent à l'état sauvage, mais depuis des générations partagent le territoire et la ressource avec les hommes. Ces derniers les considèrent comme la réincarnation de leurs ancêtres et les protègent de la destruction.Bossou est aussi l'un des premiers lieux où a été établi scientifiquement l'emploi d'outils par les chimpanzés, des pierres faisant marteau et enclume pour casser les noix de palme.Bossou fait partie de la réserve du Mont Nimba, à cheval entre Côte d'Ivoire et Guinée et incrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en raison de l'originalité et la diversité de sa flore et sa faune.Seulement, les chimpanzés de Bossou sont menacés d'extinction. Si leurs congénères sont plus nombreux ailleurs dans la réserve, à Bossou même ils n'étaient plus que sept: trois mâles et quatre femelles, parmi lesquelles trois ont une soixantaine d'années et ne sont plus capables de se reproduire.Seule Fanle, âgée d'une trentaine d'années, est encore fertile.Jusqu'en 2003, le groupe a été relativement stable autour de 21 individus, dit le Dr Soumah.Mais il a a perdu sept membres de la grippe en 2003. Il souffre aussi de l'activité des hommes. Les populations locales vivent traditionnellement de l'agriculture itinérante sur brûlis. Bossou a préservé un bloc forestier de 320 hectares, mais la déforestation alentour a coupé Bossou du reste des chimpanzés sur les pentes du Mont Nimba.Le bébé n'a pas encore de nom. "On va inviter les notabilités, les autorités locales, les partenaires avec qui nous travaillons pour lui (en) donner un".