Guinée: une ONG dénonce les "violences disproportionnées" des forces de l'ordre

9 août 2012 à 19h50 par La rédaction


CONAKRY (AFP) - (AFP)

L'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDH) a dénoncé jeudi à Conakry les "violences disproportionnées des forces de l'ordre et l'utilisation d'armes à feu dans les manifestations en Guinée" où six personnes ont été récemment tuées.

"C"est extrêmement grave ce qui se passe dans ce pays où les forces de défense et de sécurité n'hésitent pas à utiliser la manière forte pour réprimer des manifestations, même pacifiques", a déclaré à l'AFP Thierno Diallo, membre du bureau exécutif de l'OGDH.

Au moins une personne a été tuée par balle et cinq blessées mardi à Siguiri, dans le nord-est de la Guinée, lors d'une violente manifestation de commerçants, révoltés par l'insécurité dans leur ville et réprimée par les forces de l'ordre.

Ces violences sont intervenues peu après celles qui ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Zogota (sud-est), au cours desquelles les forces de sécurité avaient tiré sur des villageois protestant contre la politique de recrutement de la société minière brésilienne Vale, tuant cinq personnes.

"Ce qui s'est passé à Zogota et à Siguiri est intolérable et inadmissible", selon M. Diallo, qui a parlé de "pratiques d'un autre âge, indignes d'un pays qui se veut démocrate et garant des libertés publiques".

L'OGDH et d'autres défenseurs des droits de l'Homme sont "surpris de constater que les forces de l'ordre sévissent, abattent impunément des citoyens à Zogota et à Siguiri" a-t-il dit, ajoutant: "Avant cela on avait vu ici à Conakry d'autres manifestations de rues réprimées dans le sang".

Le dirigeant de l'OGDH a interpellé "l'opinion nationale et internationale" pour qu'elles fassent cesser ces violences de la part des forces de l'ordre.

Un "Comité de crise sur les massacres de Zogota" a de son côté qualifié les violences dans cette localité de "crimes contre l'humanité" et exigé dans un communiqué "la mise en place d'une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière, toute la lumière, sur cette affaire".