Henri Konan Bédié, à la recherche du pouvoir perdu avec le putsch de 1999

27 octobre 2010 à 13h25 par La rédaction

DAOUKRO (Côte d'Ivoire) (AFP)

Henri Konan Bédié, candidat à la présidentielle de dimanche en Côte d'Ivoire, livre à 76 ans son dernier combat pour reconquérir le fauteuil dont il fut chassé en 1999 par le premier coup d'Etat de l'histoire ivoirienne. 

Né à Daoukro (centre-est), "HKB" appartient à l'ethnie baoulé (l'une des principales du pays) comme le "père de l'indépendance", le président Félix Houphouët-Boigny (1960-1993), qui lance sa carrière. 

A 27 ans, il devient ainsi ambassadeur de Côte d'Ivoire aux Etats-Unis, poste qu'il occupe jusqu'en 1966 avant de devenir ministre de l'Economie, puis devient député et président de l'Assemblée nationale en 1980.

A la mort du "Vieux" en 1993, il lui succède et est élu en 1995 président de la République lors d'un scrutin boycotté par ses grands adversaires, l'opposant historique Laurent Gbagbo et l'ex-Premier ministre d'Houphouët, Alassane Ouattara.

Pour barrer la route à M. Ouattara, accusé d'être d'origine burkinabè, son camp développe le concept nationaliste d'"ivoirité" qui va déchirer le pays.

En 1999, M. Bédié est chassé du pouvoir par une mutinerie militaire qui se transforme en coup d'Etat et s'exile en France jusqu'en 2001.

Toujours leader de l'ex-parti unique, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), il s'allie en 2005 avec son ennemi d'hier Alassane Ouattara.

Ils créent le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pour affronter le président Laurent Gbagbo, élu en 2000 lors d'un scrutin dont tous deux ont été exclus.

Entré en campagne dès 2007, le "Sphinx de Daoukro" s'est mué en opposant pugnace et vante son bilan de président, contesté par ses détracteurs qui rappellent les accusations de malversations et de népotisme longtemps portées contre lui.

Marié depuis 1958 à Henriette, il est père de quatre enfants.