Hissène Habré: le Sénégal assure à la CIJ ne pas se soustraire à ses obligations

Par La rédaction

LA HAYE (AFP) - (AFP)

Le Sénégal a affirmé jeudi devant la Cour internationale de justice (CIJ) qu'il ne voulait pas se soustraire à ses obligations internationales en n'extradant pas l'ancien président tchadien Hissène Habré.

"Le Sénégal n'est pas à la recherche d'un refuge pour se mettre à l'abri de ses propres engagements", a déclaré Cheikh Tidiane Thiam, directeur des affaires juridiques et consulaires au ministère sénégalais des Affaires étrangères, lors d'une audience devant la CIJ.

"Mon pays n'a jamais contesté son devoir, dans les circonstances de l'espèce, de mettre en oeuvre ses obligations internationales de juger ou d'extrader", a assuré le représentant du Sénégal.Selon lui son pays a effectué des réformes "dans la lutte pour les droits de l'Homme".

Oumar Gaye, procureur et conseiller du Sénégal, a lui affirmé que via ces réformes, le Sénégal préparait "un procès équitable"."Il en va de la crédibilité des institutions judiciaires du Sénégal, un tel procès doit se mener dans la sérénité", a-t-il souligné.

M. Thiam a par ailleurs évoqué la recherche par le Sénégal de "moyens utiles", sans les préciser, pour tenir un tel procès contre Hissène Habré, accusé de crimes de guerres, crimes contre l'humanité et torture notamment.

L'ancien président tchadien vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990, après huit ans au pouvoir.Selon une commission d'enquête tchadienne, le régime d'Hissène Habré a fait plus de 40.000 morts parmi les opposants politiques et parmi certains groupes ethniques.

A l'ouverture des débats lundi, le représentant de la Belgique devant la Cour avait assuré que les victimes du régime "méritent" que l'ancien président tchadien soit traduit en justice.

La Belgique avait saisi en 2009 la CIJ à laquelle elle demande d'ordonner au Sénégal de juger ou d'extrader Hissène Habré.Le refus de Dakar de le faire "viole l'obligation générale de réprimer les crimes de droit international humanitaire", selon la Belgique.

Six audiences de trois heures sont programmées jusqu'au 21 mars au Palais de la Paix à La Haye, où siège la Cour, le plus haut organe judiciaire des Nations unies, qui mettra sa décision en délibéré.