HRW appelle Tunis à traiter "avec humanité" des femmes rapatriées de Libye

Par AFP

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L'ONG Human Rights Watch a appelé jeudi les autorités tunisiennes à traiter "avec humanité" des femmes rapatriées de Libye et placées en détention car soupçonnées d'avoir eu des liens avec des jihadistes présumés, réclamant qu'elle ne soient pas privées de leurs droits fondamentaux.

Tunis a rapatrié en mars dix femmes et quatorze enfants qui avaient été emprisonnés en Libye pour leurs "liens avec des membres présumés du groupe armé extrémiste Etat islamique", a rapporté HRW dans un communiqué, faisant référence à des données de l'Observatoire tunisien des droits de l'homme.Les enfants ont été "confiés à un membre de leur famille ou à des organismes gouvernementaux dispensant des services sociaux", a poursuivi l'ONG, dont le siège est à New York.Mais les femmes ont été placées en détention à Tunis où, selon HRW, elles ont "subi des abus", certaines "ont contracté le Covid-19 ou se sont vu refuser leurs droits fondamentaux".Selon des proches et leurs avocats, elles ont été privées de soins médicaux et de la présence de leur représentant légal durant leur interrogatoire.L'"une des femmes a affirmé à ses proches qu'elle avait été battue par les enquêteurs lors de son interrogatoire et forcée à signer un procès-verbal d'interrogatoire", a précisé le communiqué.Pour HRW, "la Tunisie est tenue de s'assurer que quiconque est légalement privé de liberté soit traité avec humanité et dignité et jouisse de la totalité de ses droits à des procédures régulières".Ce pays "devrait donner la priorité aux services spécialisés dans la réhabilitation et la réintégration des femmes et des enfants rapatriés, qui ont déjà passé jusqu'à cinq ans en détention arbitraire et abusive en Libye parce que les deux pays n'ont pas réussi à conclure plus rapidement un accord de rapatriement".HRW a affirmé avoir contacté les autorités tunisiennes "mais n'a reçu aucune réponse". Contactée par l'AFP, la porte-parole du gouvernement Hasna Ben Slimane n'était pas joignable dans l'immédiat.Le retour de Tunisiens --et de leurs proches-- partis combattre à l'étranger est une question sensible dans l'opinion publique après plusieurs attaques sanglantes dans le pays ayant fait des dizaines de morts.