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Hydrocarbures au Sénégal: la police fait usage de gaz lacrymogène lors d'une manifestation

14 juin 2019 à 17h07 Par AFP
Les forces de l'ordre sénégalaises ont fait usage vendredi de gaz lacrymogène à Dakar pour disperser des manifestants exigeant la "transparence" sur des contrats portant sur l'exploitation des réserves en gaz et en pétrole du pays, entachés de corruption selon la BBC, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Les manifestants répondaient à un appel à un "rassemblement pacifique" sur la place de la Nation, dans le centre de Dakar, lancé par des partis d'opposition et des associations de la société civile, dont le mouvement Y'en a marre. Les organisateurs avaient maintenu leur appel à manifester, malgré un arrêté d'interdiction pris jeudi par le préfet de Dakar. Alors que des barricades faites de blocs de pierre et de morceaux de bois étaient visibles aux abords de la place de la Nation, la police, déployée en grand nombre, a procédé à des tirs de gaz lacrymogène, ont rapporté les journalistes de l'AFP en milieu d'après-midi. Les manifestants refluaient en courant, par groupes de plusieurs dizaines, pour échapper aux gaz irritants, certains en lançant les slogan "Macky corruption" ou "Macky dictateur", selon la même source.En juin 2012, peu après sa première élection, le président Macky Sall avait confirmé la décision de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, d'attribuer l'exploitation des deux champs pétroliers et gaziers à Petro-Tim, une société de l'homme d'affaires australo-roumain Frank Timis, au coeur du scandale qui secoue le Sénégal depuis la diffusion d'un reportage de la BBC le 3 juin.Selon la chaîne britannique, cette société a versé deux ans plus tard une prime secrète de 250.000 dollars au frère de Macky Sall, Aliou Sall, actuel président de la Caisse de dépôt et consignation (CDC) et maire d'une commune de la banlieue de Dakar, ce que celui-ci a formellement démenti.