Inondations au Nigeria: les victimes menacées de faim et de maladies

29 septembre 2010 à 15h05 par La rédaction

SABONGARIN DOLE (Nigeria) (AFP)

Des milliers de résidents de plus de trente villages inondés dans le nord-ouest du Nigeria faisaient face mercredi à un manque de nourriture et d'abris, alors que la peur d'épidémies grandissait dans la région dévastée.

Des responsables de l'Etat de Sokoto ont indiqué que plus de 130.000 personnes ont été déplacées par les inondations il y a trois semaines, dues à un soudain départ d'eau du barrage de Goronyo sous l'effet de pluies battantes: les flots se sont alors déversés à travers les campagnes.

Des dizaines de camps de personnes déplacées se sont installés ici ou là dans le district de Goronyo, où la majorité des établissements scolaires ont été transformée en abris pour les déplacés, a déclaré à l'AFP Yusuf Muhammad, un enseignant de Goronyo.

Des membres de Médecins Sans Frontière (MSF) ont installé des cliniques dans trois camps pour venir en aide aux personnes déplacées.

Les médecins y traitent le paludisme (malaria) et d'autres infections et sont inquiets de l'absence d'eau potable et de sanitaires, causes d'épidémies possibles.

"Les camps de déplacés se sont multipliés dans l'ensemble du district de Goronyo où il n'y a quasiment pas d'accès à la nourriture ainsi qu'à l'eau et pas de latrines", a indiqué à l'AFP Gautam Chatterjee de MSF dans un camp installé dans une école de Goronyo.

"Lorsque les gens sont déplacés et n'ont pas d'installations sanitaires, c'est dangereux car il y a un grand risque de maladies amenée par l'eau, dont notamment le choléra qui se répand rapidement", selon M. Chatterjee.

Dans l'Etat de Jigawa, (centre-nord), des responsables ont indiqué que deux barrages s'étaient ouverts le mois dernier entraînant des inondations qui avaient affecté près de deux millions de personnes et laissé 50.000 personnes sans abri.

A Balla (nord-ouest), un des villages dévastés, les 2.000 habitants ont été contraints de se reloger ailleurs.

Les autorités locales ont transformé l'hôpital et l'école primaire du village transformés en camps pour les accueillir.

"Aucune maison n'est debout", souligne Bube Attahiru, un ancien de 70 ans membre de la communauté des déplacés, qui s'abrite sous un arbre près de l'hopital.

"Nous avons tout perdu: nos fermes, notre bétail, les grains, l'argent et tout ce qui avait de la valeur, à l'exception de nos vies", dit-il.

"Manger, c'est notre problème essentiel; nous avons perdu toutes nos récoltes et nous n'avons pas d'argent pour acheter de la nourriture", explique Hajara Maigoro, vivant dans un camp à l'intérieur de l'école primaire où 5.000 déplacés du village de Kagara s'entassent.

Au Vatican, le pape Benoît XVI a exprimé mercredi son soutien aux victimes des inondations au Nigeria.

Benoît XVI a mis en avant "la crise humanitaire grave qui a récemment frappé le Nord du Nigeria, où deux millions de personnes environ ont été forcées de quitter leurs maisons en raison des graves inondations".

Il a assuré les victimes de sa "proximité spirituelle" et de ses "prières".