Interpol demande l'arrestation d'un ex-ministre de l'Intérieur libyen et de son adjoint

Par La rédaction

LYON (AFP) - (AFP)

Interpol a annoncé jeudi la diffusion internationale d'une demande d'arrestation en vue d'extradition (notice rouge), à la requête de la Libye, d'un ancien ministre de l'Intérieur sous le régime de Kadhafi, Al-Senoussi Alozyre, et de son adjoint Nasser Al-Mabrouk.

Les deux anciens membres du régime de Mouammar Kadhafi, qui ont quitté la Libye, sont notamment recherchés pour "arrestations illégales, privation injustifiée de liberté et torture", a indiqué l'organisation policière internationale, basée à Lyon.

Al-Senoussi Alozyre a été le dernier ministre de l'Intérieur sous l'ère Kadhafi, jusqu'au mois de mars 2011.

Brièvement détenu par les anciens rebelles du régime en février 2011, il avait pris la fuite après sa libération, d'abord en Egypte, puis en Tunisie, d'où il était rentré à Tripoli pour assumer le poste de ministre de l'Intérieur.

Présenté comme "son adjoint", Nasser Al-Mabrouk a également fui Tripoli après la prise de la capitale libyenne par les anciens rebelles du régime.

Les profils des deux suspects circulent dans les 190 pays membres d'Interpol en vue de leur localisation, notamment dans les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, a précisé Interpol dans son communiqué.

"Ils sont recherchés pour des crimes contre l'humanité et parce qu'ils ont fui la Libye", a indiqué à l'AFP à Tripoli un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur, ajoutant ignorer leur lieu de refuge.

"Alozyre a été vilipendé pour sa longue carrière dans la sécurité nationale et il s'est enfui lors de la révolte populaire qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi", a-t-il précisé.

Supervisant la sécurité intérieure notamment dans l'est du pays, M. Alozyre est par ailleurs accusé d'avoir participé à la répression de l'ancien régime des islamistes dans les années 1980-1990.

"Grâce à l'émission des notices rouges, Interpol continue à soutenir la Libye dans son effort pour cibler et arrêter les personnes qui ont commis des crimes graves en veillant à ce qu'ils soient traduits en justice", a déclaré Stefano Carvelli, chef du bureau des enquêtes sur les fugitifs à Interpol.

Depuis le 18 mars, le colonel libyen Abdallah Al-Senoussi, ex-chef du renseignement de Mouammar Kadhafi, fait également l'objet d'une notice rouge d'Interpol.Arrêté en Mauritanie au début du mois de mars, il est toujours en attente d'extradiction de Nouakchott.