Intimité familiale pour Pistorius après sa libération sous caution

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Le champion handisport sud-africain Oscar Pistorius, inculpé du meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp, tente de passer un week-end au calme au terme d'une semaine folle qui s'est achevée par sa libération sous caution.

L'athlète est sorti libre vendredi après-midi du tribunal d'instance de Pretoria où il comparaissait depuis quatre jours, après avoir accepté de payer une caution d'un million de rands (85.000 euros).

Il aura à nouveau rendez-vous avec la justice le 4 juin pour une audience au cours de laquelle devrait être fixée la date de son procès pour meurtre.

"Je voudrais qu'Oscar puisse se ressaisir, et avoir un jour normal.Nous allons essayer de tout éteindre et de n'avoir aucun contact avec aucun média, et nous allons juste prendre un jour de récupération", a déclaré samedi Arnold Pistorius, porte-parole de la famille de l'athlète, à la radio 702.

"La famille veut juste passer du temps ensemble", a ajouté à l'AFP une source proche des Pistorius.

Le père du sportif, Henke Pistorius, a tout de même décroché quand l'AFP l'a appelé au téléphone samedi matin, mais il n'a pas voulu dire où son fils avait passé la nuit ni faire aucun commentaire.

Selon la presse sud-africaine, Oscar Pistorius, qui n'a pas le droit d'aller chez lui, aurait élu domicile - au moins provisoirement - chez son oncle, dans un quartier cossu de Pretoria.

Il pourrait aussi rencontrer son entraîneur pendant le week-end, selon la source proche de la famille.Son coach Ampie Louw avait dit vendredi qu'il pensait que Pistorius pourrait reprendre les entraînement dès lundi.

Oscar Pistorius est accusé d'avoir tiré quatre balles de 9 mm sur sa petite amie Reeva Steenkamp, dans sa maison de Pretoria aux premières heures du 14 février.

L'athlète double amputé, qui s'est entouré d'une équipe de choc, plaide l'accident.Il dit qu'il a pris Reeva pour un cambrioleur caché dans les toilettes.

Le Parquet pense au contraire qu'il y a eu préméditation, évoquant notamment une violente dispute entre les deux amants juste avant le drame.

"Comme il s'agissait d'une demande de libération sous caution, il ne s'agit pas d'un acquittement.Il nous reste à traiter cette affaire" sur le fond, a souligné son porte-parole Medupe Simasiku."Nous sommes confiants."

"Il va souffrir.Lui seul sait"

"Il n'y a que deux personnes qui savent réellement ce qui s'est passé, Oscar Pistorius et le Seigneur", a déclaré au quotidien en afrikaans Beeld Barry Steenkamp, le père de la victime.

A propos du petit-ami de sa défunte fille, il est amer: "Sa richesse et la qualité de son équipe juridique n'ont pas d'importance.Il aura du mal à vivre en paix avec sa conscience s'il laisse son équipe juridique mentir pour lui."

"S'il dit la vérité, je lui pardonnerai un jour.(...) Si ça ne s'est pas passé comme il le décrit, il devrait souffrir.Et il va souffrir.Lui seul sait", a ajouté M. Steenkamp.

La famille Pistorius a bien envoyé des fleurs et une carte aux Steenkamp, mais "ça veut dire quoi?Rien", a regretté June Steenkamp, la mère de Reeva.

La victime, qui avait 29 ans, était un mannequin assez connue en Afrique du Sud, vedette posthume d'une émission de téléréalité à succès dont le premier épisode a été diffusé le 16 février, deux jour après sa mort.Elle a été incinérée mardi.

Le magazine people Heat a publié ce week-end une interview de Reeva qu'il dit datée du 7 février, et dans laquelle elle aurait déclaré: "J'adore absolument Oscar.Je le respecte et je l'admire tant."

Les deux amants, ensemble depuis novembre, voulaient, selon elle, ne pas trop exposer leur idylle, qui "(était) encore si nouvelle", selon Heat.

Outre le million de rands à payer, les conditions de la libération sous caution interdisent à Oscar Pistorius de quitter l'Afrique du Sud, ce qui l'empêche de s'aligner dans des compétitions à l'étranger.

Il n'a pas non plus le droit de mettre les pieds dans sa maison où il a tué Reeva Steenkamp ni dans le domaine fortifié de la banlieue de Pretoria où elle est située.

Pistorius doit aussi pointer deux fois par semaine dans un commissariat de la capitale.