Journée à risques au Sénégal qui saura si Wade peut être candidat à la présidentielle

Par La rédaction

DAKAR (AFP) - (AFP)

Une journée à hauts risques s'annonce au Sénégal où l'opposition a décidé de défier vendredi une interdiction de manifester en appelant à un rassemblement au moment où le Conseil constitutionnel doit publier la liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle du 26 février.

La décision du Conseil concernant la nouvelle et troisième candidature du président sortant Abdoulaye Wade, 85 ans, contestée par l'opposition, fait craindre des violences.

Le Mouvement du 23 juin (M23), regroupant les partis d'opposition et la société civile qui jugent anticonstitutionnelle la nouvelle candidature de M. Wade, a décidé de braver une interdiction de manifester du gouvernement en appelant à un rassemblement vendredi sur une place de Dakar.

Des déclarations du chef de l'Etat affirmant qu'il peut "légalement" se présenter non seulement en 2012, mais également en 2019, risquent d'exacerber les tensions.

Depuis des mois, la nouvelle candidature du président, au pouvoir depuis douze ans, cristallise toutes les oppositions, non seulement de ses adversaires politiques traditionnels, mais aussi de mouvements de la société civile.

Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une réforme constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle réforme constitutionnelle.

Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le décompte doit se faire à partir de la première réforme constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

L'ONU a appelé à un scrutin "apaisé" et les Etats-Unis ont jugé "regrettable" que M. Wade se représente au lieu de prendre sa "retraite".

Parmi les principaux candidats, figurent trois ex-Premiers ministres de M. Wade devenus opposants: Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi qu'Ousmane Tanor Dieng, leader du Parti socialiste (PS).

Egalement en lice, la star de la chanson et homme d'affaires Youssou Ndour, lui aussi opposé à la nouvelle candidature d'Abdoulaye Wade.