Julius Malema va faire appel de son exclusion de l'ANC

Par La rédaction

JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Julius Malema, le leader de la Ligue de jeunesse du parti au pouvoir en Afrique du Sud, va faire appel de son exclusion de l'ANC et reste président malgré cette sanction, a annoncé son mouvement lundi.

"La direction de la Ligue de jeunesse de l'ANC va faire appel dans les quatorze jours suivant le jugement de la commission nationale de discipline", a annoncé son vice-président Ronald Lamola, lisant un communiqué lors d'un point presse au siège de l'ANC à Johannesburg.

"La direction de la Ligue de jeunesse ne sera jamais remplacée par une procédure qui n'énamerait pas de ses instances et de ses membres", a-t-il ajouté, cinq jours après la décision de l'ANC de mettre à la porte le jeune tribun en raison de ses atteintes réitérées à l'image et à l'unité du parti, ainsi qu'à l'autorité du président Jacob Zuma qu'il défie ouvertement depuis des mois.

"Il continuera à être président de la Ligue de jeunesse", a pour sa part souligné le secrétaire général Sindiso Magaqa, et s'il le faut, "nous aurons un président de la Ligue de jeunesse non membre de l'ANC".

Le vice-président Lamola a ajouté que les charges retenues contre Malema étaient fondées sur des divergences politiques que seule la discussion pourrait résoudre.

"Nous ne pouvons pas abandonner la lutte pour la libération économique car nous y croyons.Nous sommes convaincus d'être sur la bonne route, et on ne peut pas nous abattre à cause des opinions que nous exprimons", a-t-il ajouté.

Sous le vocable de "libération économique", les "jeunes lions" de la Ligue de jeunesse désignent les combats encore à mener pour que 18 ans après l'obtention historique du droit de vote, les Noirs d'Afrique du Sud profitent équitablement des richesses agricoles et minières du pays.

Fondée en 1944 par Nelson Mandela, la Ligue de jeunesse a historiquement toujours porté des revendications de changement plus radicales que la vieille garde du parti né en 1912.

Julius Malema, qui fêtait ses 31 ans samedi, incarne depuis son arrivée à la tête de la Ligue en 2008 la ligne de ceux qui, au sein du parti comme en dehors, estiment que l'ANC ne va pas assez vite ni assez loin pour gommer les inégalités, malgré 18 ans passés au pouvoir depuis la chute de l'apartheid.

Parmi ses chevaux de bataille figurent notamment la nationalisation des mines et l'expulsion sans compensation des propriétaires de grands domaines agricoles pour les redistribuer à la majorité noire, dépossédée il y a près de 100 ans.

Depuis la fin de l'apartheid en 1994, seuls 5% des terres environ ont changé de main.A l'époque, la minorité blanche détenait 87% des terres.

Malema, d'ordinaire volubile et emporté, était inhabituellement discret lundi, laissant ses lieutenants répondre à sa place.Vêtu d'un vieux T-shirt à l'effigie de Mandela, il avait le visage barré par des lunettes noires, un béret vissé sur le crâne.

En fin de journée, il est sorti de son silence et a accordé une interview à la radio Metro FM, retournant contre eux les arguments de ses adversaire: "Ce sont ceux qui s'opposent à la Ligue de jeunesse qui veulent diviser l'ANC.Ces forces travaillent jour et nuit à saper la libération économique (...) certains sont au service des capitalistes blancs", a-t-il déclaré.