Kenya: 18 morts dans les nouvelles attaques sur la région côtière

6 juillet 2014 à 6h58 par La rédaction

Hindi (Kenya) (AFP)

Au moins dix-huit personnes ont été tuées au Kenya lors de nouvelles attaques nocturnes dans la région côtière de Lamu, où plus de 60 personnes avaient péri en juin, a annoncé la Croix-Rouge dimanche.

Ces attaques ont été revendiquées par les islamistes somaliens shebab, un groupe lié à Al-Qaïda, qui avait déjà mené une opération meurtrière en juin dans la région, proche de l'archipel touristique de Lamu.

La Croix-Rouge a indiqué que neuf personnes ont été tuées dans la localité de Gamba, où une personne est portée disparue.Neuf autres personnes ont été tuées à Hindi.Ces attaques ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, selon les autorités.

"Nous avons eu des attaques cette nuit dans lesquelles des personnes ont été tuées et des maisons détruites", a indiqué Robert Kitur, un haut responsable de la police locale."Nous avons mobilisé nos policiers et nous sommes sur le terrain".

Selon la police, des hommes armés non identifiés ont aussi mis le feu à plusieurs maisons et attaqué le poste de police de Gamba, libérant un suspect détenu depuis les attaques de juin.

Un policier fait partie des victimes, a-t-on appris de source officielle.

Toutes les personnes tuées à Hindi sont des hommes, excepté un adolescent, qui aurait été tué alors qu'il tentait de fuir, selon un journaliste de l'AFP qui s'est rendu sur le lieu de l'attaque.

Les assaillants ont laissé un message en anglais et en swahili sur un tableau noir, disant: "Vous envahissez un territoire musulman et vous voulez rester en paix", a-t-il constaté.

Un porte-parole des islamistes somaliens shebab a affirmé dans un communiqué que le mouvement avait mené cette nouvelle attaque.

"Les attaquants (shebab) sont rentrés sains et saufs à leur base", a déclaré le porte-parole militaire des shebab, Abdulaziz Abu Musab, affirmant que dix personnes avaient été tuées.

Les shebab ont également revendiqué les attaques de juin à Mpeketoni, affirmant qu'il s'agissait de représailles à la présence militaire du Kenya en Somalie dans le cadre de la force de l'Union Africaine.

- le tourisme durement touché -

Au moins 48 personnes avaient été tuées dans l'attaque de la localité côtière de Mpeketoni, située à une centaine de km de la frontière somalienne et une trentaine de km de la ville de Lamu.

L'attaque menée à Mpeketoni en juin a été la plus meurtrière et la plus spectaculaire depuis l'attaque du centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013, revendiquée par les shebab et qui avait fait au moins 67 morts.

Des survivants du massacre à Mpeketoni et d'une attaque semblable quelques heures après dans un village voisin avaient raconté comment des hommes armés parlant somali et portant des drapeaux shebab avaient tué des non-musulmans, en affirmant se venger de la présence de l'armée kényane en Somalie.

Mais le président kényan Uhuru Kenyatta avait démenti que les islamistes somaliens shebab aient commis ces attentats: il avait accusé "des réseaux politiques locaux" et dénoncé des "violences ethniques aux motivations politiques".

Après ces attaques sanglantes, le tourisme a été très durement touché à Lamu, un joyau naturel et historique baigné par l'océan Indien.Classé au patrimoine de l'Unesco, il fut l'une des capitales du "Peace and Love" dans les années 1970.