Kenya: report du procès d'un député prêt à financer des séparatistes

13 novembre 2012 à 12h22 par La rédaction

MOMBASA (Kenya) (AFP) - (AFP)

Le procès prévu mardi à Mombasa, sur la côte du Kenya, d'un député inculpé d'incitation à la violence après s'être dit prêt à financer un mouvement séparatiste dans le collimateur des autorités kényanes, a été ajourné à fin novembre.

Le tribunal a reporté l'audience au 29 novembre à la demande de Stephen Nenesi, l'avocat du député prévenu Cheikh Mohamed Dor.La défense a demandé un délai supplémentaire après que le Parquet eut modifié l'acte d'accusation pour y inclure les "paroles exactes" que l'accusé est présumé avoir prononcées.

Cheikh Mohammed Dor, figure de la communauté musulmane du Kenya, avait été arrêté mi-octobre à Nairobi et inculpé pour s'être dit, selon l'acte d'accusation initial, prêt à "financer la tentative de sécession" du Conseil républicain de Mombasa (MRC).

Le député a nié les charges d'incitation à la violence et a été remis en liberté sous caution.

L'interdiction prononcée en 2010 contre le MRC, mouvement séparatiste qui réclame l'indépendance de la province de la Côte du Kenya du reste du pays, a récemment été déclarée illégale et levée par la justice kényane, mais les autorités continuent d'accuser le groupe d'activités criminelles et veulent le réinterdire.

M. Dor avait sévèrement critiqué la sévère répression dont le MRC est la cible de la part des autorités kényanes et qui a abouti mi-octobre à l'arrestation de son chef et de plusieurs responsables.Il avait publiquement envisagé d'apporter son soutien financier au mouvement, un soutien légal, selon lui, dans la mesure où le MRC n'est plus aujourd'hui officiellement interdit.

Cheikh Mohammed Dor fait partie des 12 députés kényans non élus mais nommés par le président de la République aux termes de la Constitution pour y représenter des "intérêts particuliers", dans son cas ceux de la communauté musulmane du Kenya.

Plusieurs responsables musulmans avaient ensemble dénoncé son arrestation, critiquant le fait que le député soit "traité comme un criminel".