Kenya: Ruto pour la poursuite de son procès à La Haye mais en son absence

Par La rédaction

La Haye (AFP)

Le vice-président kenyan William Ruto a annoncé mardi vouloir la poursuite de son procès devant la Cour pénale internationale (CPI) mais en son absence, afin de pouvoir diriger son pays et "combattre le terrorisme".

M. Ruto a fait ces déclarations alors que l'Union africaine (UA) a demandé samedi l'ajournement des procédures engagées pour crimes contre l'humanité contre les deux têtes de l'exécutif kényan par la CPI, qualifiée d'"impérialiste" et raciste par le président du Kenya Uhuru Kenyatta.

"Le Kenya a déjà demandé au Conseil de Sécurité de l'ONU l'ajournement du procès", a déclaré M. Ruto lors d'une conférence de presse à La Haye, où siège la CPI."Mais de préférence, nous aimerions demander à la Cour de nous dispenser d'une présence continue" au procès, a dit le dirigeant kényan, poursuivi, comme M. Kenyatta, pour ses responsabilités dans les violences politico-ethniques survenues après la précédente présidentielle de fin 2007.

Les juges avaient autorisé en juillet William Ruto à être absent de la majorité des audiences de son procès pour lui permettre de gouverner son pays aux côtés du président Kenyatta.Mais cette autorisation a été suspendue, le procureur ayant fait fait appel.L'issue de cet appel n'est pas encore connue.

"Nous croyons qu'il y a des raisons légitimes pour un ajournement de cette affaire:  donner la meilleure chance possible au Kenya de faire face aux sérieux défis qui existent dans notre région, dans le monde et dans notre pays, sur un sujet qui inquiète le monde entier,  le terrorisme", a ajouté M. Ruto, plus de trois semaines après l'attaque contre le centre commercial Westgate à Nairobi qui a fait 67 morts et 39 disparus.

M. Ruto a estimé que le président du Kenya et lui-même devaient être "en mesure de faire face à ce défi" et qu'il fallait "maintenir l'équilibre entre l'intérêt de la justice et (leurs) responsabilités dans le gouvernement du pays".

Il a évoqué "des menaces de terrorisme : les activités d'Al-Qaïda et des shebab, particulièrement dans le contexte de la participation des troupes kényanes en Somalie".

En revendiquant l'attaque du 21 septembre, contre le Westgate, le mouvement islamiste armé somalien shebab avait dit avoir agi en représailles à l'intervention des soldats kenyans en Somalie, dans le cadre d'une mission de l'UA lancée fin 2011.

MM.Kenyatta et Ruto, élus en mars, sont les premiers dirigeants en exercice jugés par la CPI.