Kenya: un policier arrêté en possession de corne de rhinocéros

10 mars 2015 à 16h24 par La rédaction

Nairobi (AFP)

Un policier kényan a été arrêté en possession de 600 grammes de corne de rhinocéros, d'une valeur de plus de 30.000 dollars au marché noir, a annoncé mardi le Service de protection de la faune sauvage (KWS).

Ce caporal de police a été arrêté lundi à Nairobi, en compagnie de deux autres suspects, "avec un morceau de corne de rhinocéros pesant 600 grammes", a annoncé à l'AFP un porte-parole du KWS, Paul Muya.

Selon l'acte d'accusation, consulté mardi au tribunal par l'AFP, les trois hommes, deux Kényans et un ressortissant de République démocratique du Congo (RDC), ont été arrêtés lors d'un "coup d'achat" - une fausse opération d'achat - organisé par le KWS agissant sur la base d'un renseignement.

"Un agent du KWS s'est fait passer pour un acheteur" et a rencontré les trois hommes sur le parking d'un centre commercial de Nairobi, où le policier arrêté lui a montré la corne.Pendant l'arrestation, le policier a sorti un pistolet automatique, permettant à un quatrième homme de s'échapper, peut-on lire dans l'acte d'accusation.

La corne de rhinocéros s'échange autour de 65.000 dollars le kg - soit près de deux fois le prix de l'or - au marché noir en Asie, où elle est recherchée pour ses supposées vertus médicinales.

Selon les défenseurs de la nature, les braconniers reçoivent des trafiquants de 10 à 15.000 dollars le kg - plusieurs années de salaire pour la plupart des Kényans - et louent parfois des armes automatiques à des policiers ou militaires pour 200 à 300 dollars.

Au moins 59 rhinocéros et 300 éléphants - recherchés pour leur ivoire - ont été tués en 2013 au Kenya, selon le KWS qui estime qu'il reste environ un millier de rhinocéros et quelque 38.000 éléphants dans le pays.

Des chiffres très optimistes selon les associations de défense de la nature, qui dénoncent la corruption et l'impunité jusqu'au plus haut niveau.Deux éléments qui facilitent le trafic et le braconnage.

En plus d'être le théâtre d'un important braconnage, le Kenya est aussi une des principales plates-formes d'exportation d'ivoire et de corne, braconnées sur place ou dans les pays alentour, à destination des pays du Golfe ou d'Asie.

Le 3 mars dernier, journée mondiale de la Vie sauvage, le président kényan Uhuru Kenyatta avait estimé "urgent d'intensifier le combat contre les crimes contre la nature", en mettant le feu à 15 tonnes d'ivoire saisies ces dernières années dans le pays.M. Kenyatta a promis de détruire le reste du stock d'ivoire du Kenya, soit 100 tonnes d'ici la fin de l'année.

Le Kenya a durci l'an dernier sa législation contre les braconniers et trafiquants.Ils ne risquaient jusqu'ici que des peines très légères, elles peuvent désormais aller jusqu'à la prison à vie.