Kenya: une ONG s'indigne de la fermeture d'un camp pour réfugiés somaliens

Par La rédaction

NAIROBI (AFP) - (AFP)

L'organisation non gouvernementale Oxfam a réclamé lundi l'ouverture à Dadaab (est du Kenya) d'un camp supplémentaire, déjà parfaitement équipé, mais dans lequel les autorités kényanes refusent à ce jour de laisser entrer plusieurs dizaines de milliers de réfugiés somaliens.

"Des dizaines de milliers de réfugiés somaliens fuyant une crise alimentaire aigue et les combats sont empêchés d'accéder à un nouveau camp qui demeure vide et non utilisé, alors que des familles vivent dans des conditions choquantes à quelques kilomètres de là", indique Oxfam dans un communiqué.

La crise humanitaire provoquée par la sécheresse et les combats en Somalie fait affluer quotidiennement 1.400 personnes supplémentaires à Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde, qui accueille aujourd'hui plus de 380.000 personnes alors qu'il a été construit en 1991 pour en héberger 90.000.

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a obtenu en 2009 du Kenya l'autorisation d'édifier un camp supplémentaire, Ifo II, d'une capacité de 40.000 places, dont la construction a été achevée fin 2010, mais les autorités kényanes ont refusé à ce jour d'en ouvrir les portes.

Le Kenya a appelé en avril le HCR à installer en Somalie même des camps pour réfugiés, faisant valoir que ses capacités d'accueil étaient depuis longtemps dépassées, invoquant des questions de sécurité et soulignant que l'afflux de réfugiés somaliens créait de plus en plus de frictions avec les populations kényanes des environs de Dadaab, qui vivent également dans le plus grand dénuement.

Oxfam appelle la communauté internationale à aider davantage le Kenya à prendre en charge l'afflux croissant de réfugiés somaliens.

A défaut de pouvoir s'installer dans ce nouveau camp pourvu de capacités sanitaires, de système de distribution d'eau et de latrines, "60.000 nouveaux arrivants sont contraints de s'abriter dans des tentes rudimentaires hors des limites du camp, avec un accès réduit à une eau propre et à des toilettes", relève Oxfam.

"Il est tragique de voir des familles vulnérables prises au piège, obligées de subir des conditions de vie effrayantes, alors qu'il y a des installations fonctionnant parfaitement juste à côté", a affirmé Joos Van der Lest, responsable d'Oxfam au Kenya.

L'actrice américaine Kristin Davis, "ambassadrice" d'Oxfam rendue célèbre pour son rôle dans la série télévisée Sex and the City, a visité de son côté samedi le camp de Dadaab, a indiqué lundi Oxfam.

"J'ai été choquée de voir ce que les gens ici ont dû subir.J'ai parlé à des femmes qui ont marché pendant 20 jours à travers le désert, dont les enfants mouraient en chemin, pour arriver ici et se rendre compte qu'il y a à peine assez d'eau et de nourriture", a déclaré la comédienne, citée par Oxfam.

"Nous ne pouvons permettre ce genre de choses à notre époque", a poursuivi Kristin Davis, lançant un appel aux dons.