Kinshasa dénonce les propos de l'ambassadeur français aux droits de l'homme

22 décembre 2010 à 12h48 par La rédaction

KINSHASA (AFP)

Le porte-parole du gouvernement congolais a dénoncé mercredi les "allégations" de l'ambassadeur de la France pour les droits de l'homme, François Zimeray, qui a qualifié samedi à Kinshasa de "naufrage" la situation des droits de l'homme en RD Congo.

"Par ignorance ou conformisme, (M.Zimeray) rend effectivement la RDC coupable de crimes dont elle est en réalité la victime", a réagi Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, lors d'un point presse à Kinshasa.

M. Zimeray "méconnaît que l'aggravation de la situation des droits de l'homme est due à l'action inconsidérée de pays occidentaux et notamment la France, qui contraignirent en 1994 (après le génocide au Rwanda) les autorités congolaises à ouvrir leurs frontières aux forces négatives rwandaises qui sont à la base de ces atrocités", a déclaré M. Mende.

Le porte-parole faisait référence à la présence dans l'est de la RDC de rebelles hutu rwandais ayant participé au génocide des Tutsi et qui ont fui en RD Congo après la prise du pouvoir au Rwanda par le Front patriotique rwandais de Paul Kagame.Les rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont accusés de commettre de nombreuses exactions contre les populations civiles en RD Congo.

M. Zimeray avait évoqué samedi son "voyage bouleversant" de deux semaines à Kinshasa et dans l'est de la RDC, à Goma notamment, où il avait visité une prison, rencontré des femmes victimes de violences sexuelles et des défenseurs des droits de l'homme."Il y a eu des moments extrêmement forts qui me donnent le sentiment d'une situation de naufrage s'agissant des droits de l'homme", avait déclaré l'ambassadeur.

Selon l'ambassadeur français, le ministre congolais de la Justice et des droits humains Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi n'avait "pas nié les difficultés" et avait "demandé plus de soutien de la communauté internationale".

M. Zimeray lui avait répondu "que le soutien de la France était acquis mais qu'il n'y avait aucune raison d'accepter" de pallier "les carences de l'Etat congolais".

"Demander à un Etat, responsable de la descente aux enfers du Congo, d'y pallier n'est que justice et la réponse de l'ambassadeur Zimeray (...) est un monument de cynisme", a commenté le porte-parole du gouvernement.