L'Afrique centrale des services secrets en conclave à Kinshasa

Par AFP

AFRICA RADIO

Les chefs des services de renseignements de dix pays d'Afrique centrale se sont réunis vendredi à Kinshasa en République démocratique du Congo où ils ont officiellement déploré la prolifération des armes légères.

Les chefs des services de sécurité et de renseignements de la RDC, de la République du Congo, du Gabon, du Cameroun, du Burundi, de São-Tomé et Principe, du Tchad, du Soudan, de la Guinée et de la Centrafrique ont participé à cette réunion.Au coeur de l'appareil sécuritaire d'État, souvent directement liés à la présidence, ces services sont accusés dans certains pays de violations des droits (détentions arbitraires, tortures...)."La prolifération des armes légères et de petit calibre est une menace qui donne corps à toutes les autres menaces", a déclaré le maître de cérémonie, Kalev Mutond, chef de l'Agence nationale des renseignements (ANR) en RDC, dans une très rare apparition publique en ouverture de la séance de travail.Groupes d'autodéfense, milices, groupes armés, organisations terroristes, réseaux criminels transfrontaliers et transnationaux...: ces groupes "s'arment dans l'objectif de s'attaquer aux symboles de l'État, soit d'attenter aveuglement ou par préméditation à l'intégrité physique des personnes", a-t-il encore ajouté."Les politiciens s'arment et arment leurs partisans dans le but de renverser un pouvoir ou s'autoriser des zones de non-droits", a encore accusé M. Kalev, regrettant l'attaque récemment survenue à Bangui en Centrafrique.Au moins 24 personnes ont été tuées et 170 blessées à Bangui au cours d'affrontements mardi, à la suite d'un accrochage entre un groupe armé et les forces de sécurité centrafricaines. Pour mettre un terme à toutes ces menaces, M. Kalev a estimé qu'"on ne pouvait tolérer la circulation des armes légères et de petit calibre en dehors de l'armée et de la police".Plusieurs groupes armés sont actifs dans l'est congolais, notamment des rebelles ougandais de Forces démocratiques alliées (ADF), des rebelles hutus rwandais de Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et plus d'une centaine de groupes armés congolais, a expliqué un expert.En RCA, Seleka et anti-Balaka s'affrontent régulièrement entre eux ou avec les forces internationales de maintien de la paix de l'ONU ou encore avec l'armée régulière. Au Cameroun et au Nigeria, le groupe terroriste Boko Haram s'attaque souvent aux civils, a encore expliqué l'expert.