L'Afrique du Nord porte le poids migratoire de la crise en Libye

26 avril 2011 à 13h38 par La rédaction

GENEVE (AFP)

Les agences humanitaires ont averti mardi que les pays d'Afrique du Nord supportaient le poids migratoire lié à la crise en Libye, et non l'Europe.

"La pression migratoire n'est pas pour le moment sur les pays européens, mais sur les pays d'Afrique du Nord", a déclaré aux médias un porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Jean-Philippe Chauzy.

Ces déclarations sont intervenues alors que le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, se retrouvaient mardi à Rome pour discuter en partie des migrants tunisiens.

"Vous avez plus de 600.000 personnes qui ont quitté la Libye et transité par des pays voisins; la Tunisie, l'Egypte ont laissé leurs frontières ouvertes, le Tchad et le Mali en ont fait de même", a expliqué M. Chauzy.

Or, en comparaison, quelque 28.000 personnes sont arrivées récemment sur l'île italienne de Lampedusa, a-t-il fait valoir.

L'Italie, premier point de passage pour les immigrés en provenance d'Afrique du Nord, se plaint depuis des semaines du manque de soutien de ses partenaires européens face à l'arrivée d'un nombre important d'immigrants.

Rome a ainsi décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux Tunisiens arrivés sur ses côtes entre janvier et début avril pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents" en France et ailleurs.

Cette décision a suscité l'ire de Paris qui a renforcé les contrôles de police dans la zone frontalière avec l'Italie.

Mardi, le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a expliqué que la plupart de ceux qui arrivaient à Lampedusa étaient de jeunes Tunisiens en quête d'un emploi, en appelant à la solidarité européenne.

"Nous avons demandé plusieurs fois aux pays européens de faire preuve de solidarité vis-à-vis des pays qui sont au front, l'Italie et Malte", a déclaré le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic.

"Mais nous tenons aussi à souligner le fait que le poids de cette crise en Libye est essentiellement pris en charge par les pays d'Afrique du Nord, principalement par la Tunisie, avec plus d'un quart de million de personnes qui y arrivent, et l'Egypte", a-t-il relevé.