L'Afrique du Sud envisage une fiscalité plus lourde pour les mines

Par La rédaction

LE CAP (AFP) - (AFP)

Le président sud-africain Jacob Zuma a confirmé la possibilité d'une hausse de la fiscalité et des royalties des compagnies minières pour soutenir la dépense publique, dans son discours annuel au Parlement sur l'état de la nation jeudi.

"Garantir que les services publics fournis aux gens aujourd'hui puissent continuer demain nous oblige à avoir un niveau de politiques fiscales approprié pour générer les recettes suffisantes pour payer ces services", a souligné M. Zuma, en annonçant une étude sur le niveau des impôts "dans le courant de l'année".

"Une partie de cette étude évaluera le régime actuel des royalties minières et sa capacité à servir correctement la population", a-t-il ajouté répétant que le débat sur une nationalisation des compagnies minières était enterré.

La Chambre des mines (patronat) a réagi en espérant être invitée à contribuer à l'étude et que ses recommandations garantiront un système fiscal équitable pour tous les secteurs de l'économie.Elle a souligné que "l'industrie minière fait déjà des contributions significatives en terme d'impôts et de royalties sur les super-profits" selon un communiqué.

Elle a aussi "applaudi" l'annonce par le président Zuma de poursuites immédiates à l'encontre des auteurs de grèves violentes, "des mesures propres à bâtir la confiance des investisseurs et à promouvoir l'investissement étranger direct" après la grande vague de grèves sauvages d'août à novembre 2012.

M. Zuma n'a pas dit un mot du manque de formation de la police à la gestion des foules, l'une des causes de la tragédie de Marikana, qui a fait 34 morts le 16 août quand la police a tiré sur des mineurs de platine en grève et exacerbé un conflit social qui s'est ensuite étendu à la plupart du secteur minier.

L'Etat sud-africain, géré par l'ANC depuis 1994, nourrit des ambitions coûteuses dans de nombreux domaines: grand programme d'infrastructures pour créer des emplois, amélioration du système d'éducation publique notoirement défaillant, lancement d'une assurance-santé pour tous, sans compter les aides sociales qui constituent la principale source de revenus dans des millions de foyers sud-africains.

Pays le plus riche du continent africain, l'Afrique du Sud compte plus d'un quart d'habitants trop pauvres pour manger à leur faim (environ 26%) et plus de la moitié vivant sous le seuil de pauvreté (52%), dix-huit ans après la fin de l'apartheid et l'instauration de la démocratie.

La croissance de l'économie sud-africaine est trop faible pour réduire le chômage.

Elle a ralenti à 2,5% en 2012 contre 3,1% en 2011, a rappelé M. Zuma, incriminant "la crise la zone euro" où l'Afrique du Sud écoule un cinquième de ses exportations.