L'Afrique du Sud se prépare à des mois de pluies diluviennes

Par La rédaction

LE CAP (AFP)

L'Afrique du Sud, où 123 personnes sont mortes noyées, foudroyées ou emportées par les flots depuis la mi-décembre, se préparait mercredi à subir des pluies diluviennes pendant encore plusieurs mois.

"Ce que nous vivons est sans précédent.Selon toute vraisemblance, nous devons nous préparer à vivre dans ces conditions pendant au moins deux mois de plus", a déclaré le directeur du ministère des Collectivités locales, Alroy Africa, devant une commission parlementaire.

Les fortes pluies ont affecté huit des neuf provinces du pays, où l'état de catastrophe naturelle a été décrété dans 33 municipalités.Plus de 20.000 personnes, dont les maisons ont été inondées, dépendent de l'aide du gouvernement pour subvenir à leur besoin de base.

"Nous sommes dans une situation anormale.Mais si nous nous étions mieux préparés, nous aurions pu mieux répondre à cette crise", a reconnu Maphaka Tau, un haut responsable du centre de gestion des catastrophes, auditionné par la commission.

Les pluies diluviennes, qui affectent toute l'Afrique australe, sont causées par le phénomène climatique La Nina, également responsable des intempéries catastrophiques en Australie et au Brésil.

"Cela pousse les système tropicaux plus au sud que d'ordinaire", a expliqué M. Tau."Nous prévoyons que le phénomène dure jusqu'en mai et se dirige vers le Cap en juin, juillet", a-t-il ajouté.

Les fortes pluies ont déjà causé au moins 1,5 milliard de rands de dégâts (155 millions d'euros, 213 millions de dollars), selon les premières estimations du gouvernement.

Mais le secteur agricole estime, à lui seul, avoir perdu deux milliards de rands (155 MEUR, 207 MUSD), la moitié à cause des récoltes détruites, l'autre à cause des dommages aux infrastructures, selon le syndicat AgriSA.

"Les inondations créent également des conditions favorables à l'apparition de maladies liées à l'eau, comme le choléra", a de son côté mis en garde le ministère de l'Eau et de l'Environnement.

Des pluies diluviennes ont également affecté depuis décembre d'autres pays d'Afrique australe, notamment le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe.

Au Mozambique, le gouvernement a placé mercredi ses services d'urgence en alerte maximale.Les autorités surveillent particulièrement le niveau des eaux dans les bassins du fleuve Zambèze et des rivières Save, Pungue, Limpopo et Incomati.

A la mi-janvier, la police avait fait état de douze morts, dont huit foudroyés, lors de violents orage dans le centre du Mozambique.Aucun nouveau mort n'a été rapporté depuis.

Dans le sud du pays, plus de 4.500 personnes ont quitté leur logement situé trop près de la rivière Limpopo, selon le quotidien Noticias.

Dans la province centrale de Gaza, les gens se déplaçaient en bateau aux abords de la rivière Incomati qui est sortie de son lit, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Ma maison ressemble à ça", confiait Delfina Mocavele, 48 ans, en montrant les flots tumultueux."Et je ne parle même pas des terres cultivées: elles sont toutes sous les eaux", poursuivait cette mère de sept enfants."Je ne sais pas ce que nous allons manger..."

Le Centre national des opérations d'urgences (Cenoe) a estimé début janvier que le Mozambique risquait de connaître cette année des pluies comparables à celles de l'an 2000, quand 800 personnes avaient trouvé la mort dans la crue du Zambèze.