L'Algérie encore à l'étape de l'"apprentissage" de la démocratie pour Bouteflika

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a estimé mercredi que son pays était encore à l'étape de l'"apprentissage" de la démocratie.

"Je ne dis pas que nous avons franchi toutes les étapes et il n'y a pas lieu de faire des comparaisons entre ce qui se passe chez nous et ce qui se passe en Grande-Bretagne ou même en France (qui) nous ont devancés en démocratie depuis des siècles déjà", a-t-il déclaré à l'ouverture de l'année judiciaire.

"Nous faisons notre apprentissage en la matière, en conséquence aucun reproche ne doit être fait à notre encontre ou à l'encontre de ceux qui nous critiquent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur", a-t-il dit, cité par l'agence APS.

"Il est possible qu'il y ait des lacunes ou des étapes non encore franchies.Celles-ci interviendront progressivement et émaneront de notre peuple qui n'a confiance qu'en ses propres réalisations", a-t-il ajouté.

M. Bouteflika a indiqué que son pays allait vers "d'importantes échéances politiques qui laissent transparaître des horizons où régnera une démocratie qui réunit tous les éléments nécessaires".

Cette démocratie "permettra de rétablir la confiance entre le citoyen et les institutions parlementaires à tous les niveaux", a-t-il souligné.

Des élections législatives sont prévues au printemps prochain mais leur date n'est pas encore arrêtée.

De nouveaux partis devraient être agréés en vertu des réformes politiques menées sous l'égide du président Bouteflika pour couper court à toute contagion du Printemps arabe en Algérie.

Une série de lois issues de ces réformes ont déjà été adoptées par le Parlement.

Le multipartisme a vu le jour en Algérie en février 1989, à l'issue des émeutes sanglantes d'octobre 1988.

Mais l'annulation en décembre 1991 des premières élections législatives pluralistes que le Front islamique du salut (FIS) était en passe de remporter à plongé le pays dans des violences armés ayant fait près de 200.000 morts, selon des chiffres officiels.

M. Bouteflika a a enfin conclu que "le peuple algérien est soucieux de son indépendance et de sa souveraineté et refuse que les choses lui soient dictées".