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L'américain Anadarko va investir 25 milliards USD pour exploiter du gaz au Mozambique

18 juin 2019 à 18h23 Par AFP
Le géant américain Anadarko va investir 25 milliards de dollars (22 milliards d'euros) pour l'exploitation de gisement offshore de gaz dans le nord du Mozambique, a annoncé mardi le gouvernement de Maputo. "Le projet de gaz naturel liquéfié Dolphin Tuna prévoit un investissement total de 25 milliards de dollars", a déclaré le ministère mozambicain de l'Energie dans un communiqué.La production annuelle de ce gisement, qui doit débuter en 2024, est estimée à 12 millions de tonnes, selon la même source."Nous sommes fiers de réaliser le plus important investissement direct étranger" au Mozambique, a déclaré le président d'Anadarko, Al Walker, lors d'une cérémonie à Maputo, à laquelle participait le chef de l'Etat mozambicain, Filipe Nyusi.Dolphin Tuna, qui doit permettre de créer plus de 5.000 emplois directs et 45.000 emplois indirects, "va doubler le PIB (produit intérieur brut) du pays", a-t-il ajouté."C'est le plus important investissement direct étranger de l'histoire de notre pays", a souligné Filipe Nyusi, précisant que le Mozambique figurait parmi les "dix pays au monde possédant les plus importantes réserves de gaz"."Avec ce projet, les enfants de paysans deviendront des médecins, les enfants de mineurs des avocats", a-t-il dit.Des réserves gigantesques de gaz ont été découvertes au début de la décennie au large de la province mozambicaine du Cabo Delgado (nord). Estimées à 5.000 milliards de mètres cubes, elles doivent faire du Mozambique un important exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL).Surendetté et englué dans la crise économique, le gouvernement de Maputo espère en retirer de juteuses retombées financières.Selon les estimations du cabinet de consultants Woodmac, "à partir du début des années 2030, les revenus du Mozambique tirés du gaz naturel liquéfié atteindront 3 milliards de dollars par an, doublant à eux seuls les revenus actuels" du pays.Le mégaprojet d'Anadarko a été confirmé malgré l'insurrection islamiste en cours dans le Cabo Delgado, qui a déjà fait au moins 200 morts depuis fin 2017."Il n'y a pas d'investissements sans paix", a déclaré mardi Filipe Nyusi. "Je m'engage pour une paix durable. Je travaillerai pour m'assurer que le pouvoir masqué ne continue pas à créer la terreur dans le Cabo Delgado en tuant la population", a-t-il ajouté.Un an et demi après leurs premières opérations, l'identité et les motivations des islamistes, qui n'ont jamais revendiqué leurs actes, restent une énigme.En février et en mai de cette année, les jihadistes s'en sont pris à des convois d'entreprises travaillant pour Anadarko, tuant au moins deux personnes et en blessant plusieurs.Le coup d'envoi du projet Anadarko a été plusieurs fois repoussé à cause de la chute des cours des hydrocarbures et de la complexité de son montage financier.Outre celles accordées à l'entreprise américaine, des concessions ont également été attribuées dans la région à l'italien ENI, au chinois CNPC et au portugais Galp.Début mai, le groupe français Total a annoncé un accord avec Occidental Petroleum en vue de racheter pour 8,8 milliards de dollars (7,8 milliards d'euros) les actifs d'Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. Cette opération est encore soumise à la finalisation du rachat d'Anadarko par Occidental Petroleum.str-bed/cj