L'armée du Soudan du Sud dit avoir achevé son retrait de Heglig

Par La rédaction

BENTIU (Soudan du Sud) (AFP) - (AFP)

L'armée sud-soudanaise a affirmé dimanche avoir achevé son retrait du champ pétrolier frontalier de Heglig, dénonçant des bombardements soudanais sur la zone samedi matin encore.

"La SPLA (l'armée sud-soudanaise) a achevé son retrait de Heglig hier (samedi)," a affirmé son porte-parole, Philip Aguer, à l'AFP.

Le Soudan du Sud avait annoncé dès vendredi l'évacuation de Heglig par ses troupes, indiquant que l'opération, décidée selon lui en réponse aux demandes incessantes de la communauté internationale, prendrait trois jours.

Depuis, le Soudan du Sud et le Soudan se livrent cependant une guerre de communication sur la façon dont s'est déroulé le départ sud-soudanais.Si Juba dit avoir ordonné un retrait progressif et volontaire, Khartoum assure avoir en fait "libéré" la zone en chassant les troupes du Sud par la force.

Dimanche, le porte-parole de l'armée sud-soudanaise dénonçait encore la version soudanaise, affirmant même que l'aviation de Khartoum avait continué de "bombarder" la région vendredi soir et samedi matin.

Heglig est depuis fin mars au coeur d'affrontements Nord-Sud sans précédent depuis que le Soudan du Sud est devenu indépendant du Soudan en juillet dernier.

A la fin du mois dernier, les troupes sud-soudanaises avaient déjà brièvement pris Heglig aux Soudanais.Mais les violences se sont intensifiées à partir du 10 avril, quand les hommes de Juba ont occupé plus durablement le champ pétrolier qui s'y trouve.

ONU, Union africaine, Chine, Etats-Unis, la communauté internationale, qui craint une nouvelle guerre ouverte entre les deux voisins, multiplie depuis les appels à la retenue des deux parties.

Située à une soixantaine de km au nord de Bentiu, capitale de l'Etat sud-soudanais d'Unité, mais ancrée, affirme Khartoum, dans l'Etat soudanais du Kordofan-Sud, Heglig fait partie des nombreuses zones frontalières revendiquées à la fois par le Nord et le Sud.

Malgré cette dispute territoriale, avant les récents affrontements, Khartoum tirait tout de même de la zone la majorité de sa production de pétrole.Heglig est donc ultra-stratégique pour le Nord, qui, à la partition du Soudan, a vu les trois quarts des réserves de brut du pays passer aux mains du Sud.