L'armée égyptienne veut célébrer en grande pompe la révolte anti-Moubarak

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

L'armée au pouvoir en Egypte a annoncé mercredi qu'elle voulait célébrer avec faste le premier anniversaire, le 25 janvier, du début de la révolte qui a abouti au départ du président Moubarak.

"Les forces armées vont organiser une grande commémoration le 25 janvier, à la hauteur de cet événement capital", a déclaré à l'agence officielle Mena un membre du conseil militaire qui dirige le pays, le général Ismaïl Etman.

L'officier a décrit la révolte qui a poussé Hosni Moubarak à démissionner au bout de 18 jours comme "le plus grand événement" de l'Egypte contemporaine, à l'image de la révolution du 23 juillet 1952 qui a mis fin à la monarchie.

Le 25 janvier, décrété sous M. Moubarak "Journée de la Police", sera désormais un jour férié célébrant la "révolution" qui a mis fin au règne de trois décennies du raïs, a-t-il ajouté.

Selon le général Etman une grande manifestation, "totalement prise en charge par la jeunesse", aura lieu sur l'emblématique place Tahrir au Caire, épicentre de la révolte, en plus d'un événement à caractère officiel.

L'armée organisera aussi des défilés, des parades aériennes, des feux d'artifice, tandis qu'à travers le pays des hélicoptères lanceront des coupons pour des cadeaux.

L'annonce de l'armée survient alors que la classe politique reste divisée sur la manière de marquer cet anniversaire, certains prônant des commémorations, d'autres voulant en profiter pour relancer la contestation contre un pouvoir militaire accusé de perpétuer l'ancien système.

Adulée pour ne pas avoir, contrairement à la police, réprimé le soulèvement de l'année dernière, l'armée est aujourd'hui contestée par une partie de la population qui l'accuse de s'accrocher au pouvoir et de ne plus hésiter à utiliser la force contre la contestation.

Le pouvoir militaire pour sa part promet de céder la place aux civils à l'issue d'une élection présidentielle qui doit se tenir avant la fin juin, et estime avoir le soutien d'une majorité silencieuse de la population, lasse de l'instabilité.