L'Egypte envisage d'ouvrir de manière permanente sa frontière avec Gaza

29 avril 2011 à 7h54 par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

 Deux jours après avoir parrainé un accord de réconciliation entre les frères ennemis palestiniens le Hamas et le Fatah, l'Egypte s'apprête à ouvrir de manière permanente la frontière avec Gaza afin d'alléger le blocus imposé par Israël à ce territoire.

L'Egypte "va prendre des mesures importantes pour aider à alléger le blocus dans les jours à venir", a annoncé vendredi le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil al-Arabi, sur la chaîne de télévision Al-Jazira.

Il a précisé que son pays n'accepterait plus que le terminal frontalier de Rafah, le seul de l'enclave palestinienne qui ne soit pas contrôlé par Israël, reste bloqué.

Depuis que le président égyptien Hosni Moubarak a cédé le pouvoir sous la pression de la rue le 11 février, les nouvelles autorités du pays ont desserré l'étau sur le passage de Rafah, qui n'était auparavant ouvert que de manière exceptionnelle, quelques jours par mois, pour des raisons humanitaires.

Un haut responsable israélien a fait part de l'inquiétude de son pays."Nous sommes très inquiets de la situation dans le nord du Sinaï où le Hamas a réussi à monter une dangereuse machine militaire, en dépit des efforts de l'Egypte pour l'en empêcher", a-t-il affirmé sous couvert d'anonymat.

 Plus généralement, l'Etat hébreu est "troublé par les derniers développements en Egypte, qui ont potentiellement des implications stratégiques pour la sécurité nationale d'Israël", a-t-il ajouté.

Dans une déclaration mercredi au quotidien indépendant al-Chourouq, M. Arabi a affirmé que son pays ne pouvait "pas ignorer la souffrance inhumaine du peuple palestinien à Gaza", et dans sa déclaration à Al-Jazira, le même ministre a qualifié de "honteuse" la décision de fermer ce terminal.

L'agence officielle Mena a rapporté vendredi que le rythme des passages était soutenu à Rafah ces derniers jours: 11.800 entrées en Egypte (des maldes, des étudiants en Egypte et des détenteurs de nationalités étrangères) et 10.925 départs pour Gaza.

L'ancien régime était régulièrement accusé de complicité de fait avec le blocus israélien pour son refus de maintenir le terminal ouvert, une décision que les autorités de M. Moubarak justifiaient en invoquant la lutte contre les trafics de toutes sortes avec l'enclave palestinienne.

Cette politique a tendu les relations entre l'Egypte et le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et auquel le Caire reprochait de bloquer tout accord de réconciliation interpalestinien avec l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Imposé en juin 2006 à la suite de l'enlèvement d'un soldat israélien, le blocus de la bande de Gaza a été considérablement renforcé après la prise de contrôle du territoire en juin 2007 par les islamistes du Hamas.

Israël l'a assoupli à la suite d'intenses pressions internationales après la mort de neuf Turcs dans un assaut de sa marine le 31 mai 2010 contre une flottille humanitaire qui tentait d'atteindre le territoire palestinien.

Mais il a maintenu un strict blocus maritime, l'interdiction des exportations et les très strictes restrictions à la circulation des personnes à l'entrée et à la sortie de Gaza.

Plus de deux mois après la chute de M. Moubarak, les nouvelles autorités, qui souhaitent récupérer un rôle de puissance régionale érodé sous l'ancien régime, ont réalisé son premier succès diplomatique en parrainant l'accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, qui doit être signé mercredi au Caire.