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L'Erythrée condamne l'attaque des Houthis contre un oléoduc saoudien

16 mai 2019 à 13h49 Par AFP
L'Érythrée a condamné jeudi l'attaque de drones contre un oléoduc pétrolier saoudien, revendiquée par les rebelles Houthis mais que Ryad a directement imputée à l'Iran. "L'attaque de drones (mardi) contre les oléoducs pétroliers saoudiens vise à exacerber les tensions régionales et internationales dans la région", a dénoncé dans un communiqué le ministère érythréen de l'Information."Le peuple et le gouvernement d'Érythrée expriment leur solidarité avec le peuple et le gouvernement d'Arabie saoudite à l'égard d'une attaque insensée", a-t-il ajouté.Les Houthis contrôlent la capitale yéménite Sanaa et ils sont combattus depuis 2015 par une alliance militaire dominée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.Ces rebelles pro-iraniens du Yémen ont tiré sept drones mardi vers la région de Ryad, endommageant deux stations de pompage d'un oléoduc reliant l'est à l'ouest du royaume saoudien. La coalition arabe a répliqué jeudi en menant une série de raids aériens sur Sanaa.L'Érythrée, petite nation stratégiquement située sur le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden et à l'océan Indien, entretient des liens étroits avec l'Arabie saoudite et les Émirats.En 2015, le groupe de monitoring de l'ONU sur l'Érythrée et la Somalie avait rapporté qu'Asmara avait conclu un accord militaire avec la coalition arabe l'autorisant à utiliser "ses terres, son espace aérien et ses eaux territoriales" pour la guerre contre les Houthis."Dans le cadre de cet accord, l'Érythrée a reçu une compensation des deux pays, dont de l'argent et un approvisionnement en pétrole", précisait le rapport onusien.Dans la foulée de la guerre contre l'Éthiopie (1998-2000), qui fit plus de 80.000 victimes, l'Érythrée s'est murée dans l'isolationnisme, devenant un des pays les plus fermés au monde.Les deux pays ont signé en juillet un accord de paix historique, après 20 ans de conflit larvé.Le Conseil de sécurité de l'ONU a ensuite levé en novembre les sanctions en vigueur contre l'Érythrée depuis 2009 pour son soutien présumé aux jihadistes en Somalie, et qui comprenaient notamment un embargo sur les armes, des interdictions de voyage et des gels d'avoirs