L'Erythrée rejette le "chantage" américain après des sanctions contre un responsable militaire

23 août 2021 à 15h09 par AFP

AFRICA RADIO

L'Erythrée a rejeté lundi avec colère les sanctions américaines contre un haut responsable militaire pour des exactions attribuées aux forces érythréennes dans le cadre du conflit dans la région éthiopienne du Tigré.

"Le gouvernement érythréen rejette, à la fois dans la lettre et dans l'esprit, les allégations totalement sans fondement et le chantage exprimé à son encontre", a indiqué le ministère des Affaires étrangères érythréen dans un communiqué.Les Etats-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre le général Filipos Woldeyohannes. Le "chef d'état-major des forces armées érythréennes" est visé pour son rôle de "dirigeant d'une entité engagée dans de graves violations des droits humains commises durant le conflit actuel au Tigré", selon un communiqué du Trésor américain.L'armée érythréenne "est responsable de massacres, de pillages et d'agressions sexuelles. Les soldats ont violé, torturé et exécuté des civils", a affirmé le Trésor. Par conséquent, tous les biens appartenant au général aux Etats-Unis "sont bloqués" et les citoyens américains ont interdiction de faire des affaires avec lui.Le ministère érythréen des Affaires étrangères a qualifié ces accusations d'"inacceptables", ajoutant: "Ce n'est pas la première fois que l'administration américaine mène de telles campagnes diffamatoires sans fondement contre l'Erythrée"."Face à des accusations répétées et injustifiées, l'Erythrée ne peut rester silencieux. En ces circonstances, l'Erythrée appelle l'administration américaine à présenter l'affaire à une juridiction indépendant si elle a des éléments pour prouver ses fausses allégations", a-t-il ajouté.Le Tigré se trouve depuis plusieurs mois au coeur d'une grave crise humanitaire selon les Nations unies, alors que l'aide internationale peine à parvenir à cette région du nord de l'Ethiopie en raison de nombreux retards et obstacles administratifs. L'Erythrée, frontalière du Tigré au nord, est intervenue dès les premiers mois du conflit il y a huit mois pour soutenir l'armée éthiopienne dans son opération militaire contre l'ancien gouvernement régional.