L'improbable réussite en Zambie d'une fermière par accident

29 août 2019 à 4h20 par AFP

AFRICA RADIO

Il y a quatre ans, Maria Zaloumis a quitté son travail d'infirmière en Australie pour se précipiter au chevet de son père, malade, dans sa Zambie natale. Elle est devenue aujourd'hui la principale productrice de tomates de son pays.

Installée depuis douze ans sur l'île-continent du Pacifique, la jeune femme, 34 ans aujourd'hui, n'a pas hésité longtemps à renoncer à son poste lorsqu'elle a appris en 2015 que son avocat de père souffrait d'amnésie et de démence.Spécialisée en cardiologie, elle pensait rapidement retrouver un emploi en Zambie. Mais elle a vite déchanté en apprenant que les hôpitaux locaux la trouvaient trop... qualifiée.Après six mois au chômage, elle a décidé en 2016 de prendre les rênes de la ferme familiale. Aujourd'hui, elle ne regrette pas cette reconversion professionnelle forcée."C'est une vie très active", se félicite-t-elle. "Je n'ai plus beaucoup de temps pour autre chose mais l'agriculture est devenue ma passion, quelque chose que j'aime tant faire que je ne le considère plus comme un travail".Depuis sa ferme installée à 25 km au nord de la capitale zambienne Lusaka, la jeune femme produit chaque mois une moyenne de 72 tonnes de tomates qu'elle écoule partout."Notre marché est très étendu, des gens viennent jusque d'autres provinces pour acheter chez nous". Sa notoriété grandissante dans le pays lui a valu même valu un surnom: "la fermière Z".Dans un pays rongé par les difficultés économiques, Maria Zaloumis conçoit son activité comme une mission de service public. Sa ferme emploie désormais 70 salariés."J'aime aider les moins bien lotis (...) aider ceux qui n'ont pas pu aller à l'école pour apprendre un métier, contribuer à réduire la pauvreté et à offrir un avenir meilleur aux autres".Selon la Banque mondiale, 57% des quelque 17 millions de Zambiens vivaient en 2015 avec moins de 2 dollars par jour. L'ONU a récemment averti que 2,5 millions de personnes y étaient menacées par la famine.