L'insécurité dans le Sahel au coeur du sommet de la Cédéao

Par La rédaction

ABUJA (AFP) - (AFP)

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) entament jeudi à Abuja un sommet consacré notamment à l'insécurité dans le Sahel ainsi qu'à la piraterie dans le Golfe de Guinée, et doivent choisir un nouveau président de l'organisation.

Lors de cette session ordinaire de deux jours, les chefs d'Etat et de gouvernement des 15 pays membres vont élire un successeur au dirigeant nigérian Goodluck Jonathan, dont le mandat à la tête de la Cédéao expire.

Le sommet intervient alors que l'insécurité est croissante dans le Sahel.Niger, Mali, Mauritanie et Algérie font face à la menace de la branche maghrébine d'Al Qaïda (Aqmi) et d'autres groupes criminels, ainsi qu'à l'afflux d'armes, dont de l'armement lourd, issues du conflit libyen.

Depuis mi-janvier, le Mali est en outre confronté à une offensive de la rébellion touareg, combattue par l'armée.

Les violences ont provoqué un exode à l'intérieur du pays mais aussi vers d'autres Etats.Le Niger et le Burkina Faso, membres de la Cédéao, ont ainsi vu arriver des milliers de réfugiés maliens, tout comme la Mauritanie, qui n'en fait pas partie.

Une situation préoccupante, d'autant que quelque 12 millions de personnes dans les pays sahéliens sont actuellement menacées par la famine.

Les participants au sommet devraient aussi se pencher sur "la piraterie dans le Golfe de Guinée", en hausse, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Cédéao, Sunny Ugoh.

Selon le Bureau maritime international (BMI), trois attaques ont eu lieu en quelques jours dont une qui s'est soldée, lundi, par la mort du capitaine et de l'ingénieur en chef d'un navire au large de la capitale économique nigériane Lagos.

La question de la mise en oeuvre de la réforme du secteur de la défense et de la sécurité en Guinée Bissau devrait aussi être à l'examen, selon le porte-parole.

Le projet, dans lequel la Cédéao a injecté des millions de dollars et auquel s'opposent catégoriquement des caciques de l'armée bissau-guinéenne, vise à ramener les effectifs militaires à 3.500 hommes contre au moins trois fois plus actuellement.

Le prochain président de la Cédéao sera élu pour une durée d'un an, renouvelable, selon le porte-parole.

Une source gouvernementale à Abidjan a affirmé mercredi que le poste reviendrait au président ivoirien Alassane Ouattara.

Il est également prévu, selon un communiqué de la Cédéao, que les participants au sommet s'accordent sur le pays dont proviendra le prochain président de la Commission de la Cédéao, une fonction actuellement occupée par le ghanéen James Victor Gbeho.

Il s'agit d'un mandat de quatre ans et, selon un mécanisme s'apparentant à une rotation, "cela se jouera entre le Bénin et le Burkina Faso", a indiqué le porte-parole.

Parmi les chefs d'Etat dont la venue a été confirmée par leurs services, figurent notamment le Béninois Thomas Boni Yayi, le Togolais Faure Gnassingbé, le Burkinabè Blaise Compaoré, le Nigérien Mahamadou Issoufou et M. Ouattara.

Une source à la présidence malienne a indiqué à l'AFP mercredi que le chef de l'Etat Amadou Toumani Touré ne ferait pas le déplacement."Le Mali sera vraisemblablement représenté par le ministre des Affaires étrangères", a-t-elle déclaré.

La Guinée Bissau, où est prévue une présidentielle le 18 mars suite au décès le 9 janvier du président Malam Bacaï Sanha, devrait aussi être représentée par son chef de la diplomatie

Les 15 Etats membres de la Cédéao sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.